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The x-files : rÉgÉnÉration

Par Rob Gordon
Il est sans doute un peu question de régénération dans ce deuxième film X-files ; à vrai dire, on s’en moque un peu. Les honnêtes gens qui se rueront (?) dans les salles pour l’intrigue ne pourront qu’être déçus par cette vague histoire de prêtre pédophile ayant peut-être un don de médium. Le scénario de Chris Carter ne pisse pas bien loin, et pâtit d’une construction assez indigne de son talent d’autrefois. On est sans cesse en avance sur les personnages, aucune révélation n’est assez forte pour venir nous secouer les tripes. Les adeptes d’histoires tordues pourront passer leur chemin.
L’intérêt de X-files : régénération est tout autre. Il est même tellement biaisé que seuls les veinards qui ne paient pas leur place à l’unité pourront éventuellement le goûter. Le vrai sujet du film, c’est Chris Carter lui-même, et en particulier « comment se débarrasser d’une série qui vous colle aux basques comme un vieux chewing gum dégueulasse ». De l’humour bas de plafond (utilisant, sacrilège, le bon vieux thème musical de Mark Snow) à une conclusion incroyablement détendue (restez jusqu’à la fin du générique), tout porte à croire que Carter a fait ce film-là par-dessus la jambe, souhaitant renouer une dernière fois avec Mulder et Scully avant de les abandonner définitivement et de pouvoir passer à autre chose. De ce point de vue, c’est très réussi. X-files : régénération n’a rien du grand film grave qui était promis aux fans. C’est juste un ultime pied de nez.
Pas de blockbuster, mais un film d’auteur : X-files : régénération est principalement ancré sur les personnages, refusant bien souvent toute ébauche d’action pour mieux se concentrer sur le duo/duel Scully-Mulder, ambigu et torturé, tant d’un point de vue personnel que sur l’éternel désaccord qui les anime (normal ou paranormal, comme dirait je ne sais plus quelle émission de merde). Pas de quoi transcender les aficionados de la série, qui ont sans doute déjà vu ces thèmes traités en mieux, mais la réflexion sur le scientifique et le christique est plutôt bien vue, transcendée par une Gillian Anderson impeccable et visiblement ravie de retrouver le personnage qui a fait sa gloire. La fin (en tout cas celle qui intervient avant le générique) est belle et constitue un adieu convaincant à deux énergumènes qui ont longtemps alimenté les passions et les débats. Peu importe alors que le scénario soit jalonné d’incohérences et de vraies-fausses ellipses (tiens, Skinner, qu’est-ce qu’il fait là ?) : l’important ici n’est pas dans les actes, mais dans les crânes.
6/10

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