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Un monde parfait – Vraiment si parfait que ca ?

Par Bebealien

De temps en temps, il est intéressant de replonger dans de vieux films a coté desquels on était passé lors de leur sortie. Avec la récente flambée du nombre de DVDs à 10€ à la FNAC, il est possible de se faire une très bonne DVDthèque pour une somme modeste. C’est lors d’une de mes razzias là-bas que j’ai remis la main sur ce film qui m’avait intéressé lors de sa sortie mais que j’avais malheureusement loupé. Or, un Clint Eastwood, ca ne se loupe pas, ca se savoure !

Un monde parfait – Road movie texan

1963. Butch Haynes, un détenu, se fait la malle avec son compagnon de cellule. Cherchant à manger, les évadés entrent par effraction dans la maison d’une famille de témoins de Jéhova. Afin de se couvrir ils décident de prendre en otage Philip, le jeune garçon de la famille. Mais petit à petit, la relation kidnappeur / otage va se muer entre autre chose, quelque part entre la relation père / fils et une véritable amitié. Mais pendant ce temps, le ranger responsable de l’emprisonnement de Butch se lance à leurs trousses…

Une jaquette un peu moche, mais un grand film derrière

Clint Eastwood est un réalisateur hors norme. Alors que ses congénères passent leur temps à essayer de dépasser les limites de ce qui se fait visuellement, il continue à s’attacher avant tout à l’histoire et à ses personnages. Au-delà du propos principal du film sur l’amitié entre un évadé et un jeune garçon, Eastwood fait surtout un film nostalgique sur les erreurs du passé et leur impact sur notre quotidien. Clint, qui est encore une fois devant et derrière la caméra, joue en effet le rôle de Red, le ranger qui avait fait mettre Butch en prison. Et on apprend petit à petit qu’il a des choses à se reprocher à ce sujet, et qu’il est du coup responsable en partie de la fin tragique du film.

Butch(Costner) et Philip (Lowther), le duo original de ce road movie…

Mais il n’est pas le seul personnage à faire des erreurs. Butch a un esprit particulièrement revanchard vis-à-vis des adultes trop durs avec les enfants. Ayant vu sa propre enfance quelque peu sacrifiée, il essaiera de mettre tout en œuvre pour permettre au jeune Philip de s’évader de l’univers beaucoup trop aseptisé des témoins de Jéhovah. En se projetant, il essaie de donner à son jeune otage l’enfance qu’il n’a lui-même jamais eu.

C’est une belle histoire que nous compte Clint, servie par une interprétation excellente de Kevin Costner et du gamin T.J. Lowther. Kevin Costner était à l’époque (le film date de 1993) encore reconnu comme un acteur de talent. Et sa prestation le prouve clairement. Il est dommage de constater que depuis cette faste période, il est un peu tombé dans l’oubli… Depuis, à part son très bon western Open Range, pas grand-chose d’intéressant à se mettre sous la dent. Mais ce type de film confirme que le bonhomme a du talent et qu’il serait intéressant de le voir revenir sur le devant de la scène autrement que dans des bouses comme Mr. Brooks.

Red (Clint Eastwood) et la jeune psychologue Sally(Laura Dern), sur les traces de Butch

Quelque chose de flagrant dans les films d’Eastwood est la qualité de l’écriture, et surtout la solidité des personnages. Ici personne, à part les enfants, n’est tout noir ou tout blanc. Chacun à ses failles ou ses points faibles. Que ce soit le ranger macho, la jeune psychologue manquant d’assurance, l’agent du FBI un peu trop porté sur les femmes… chacun évite clairement le cliché et montre avant tout son humanité, définie principalement par ces défauts. Une approche très intéressante de la psychologie des personnages, qui permet une identification rapide et surtout très efficace.

Petit à petit, Butch devient un père de substitution pour Philip…

Pour conclure, je dirai qu’Un Monde Parfait est le Clint Eastwood typique : beau, émouvant, nostalgique et intéressant. Pour ceux qui comme moi ne l’auraient pas encore vu, un détour rapide chez votre revendeur DVD le plus proche s’impose. Il serait dommage de rater un tel film !


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