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Mamma Mia! de Phyllida Lloyd

Par Geouf

Je n'aime pas les comédies musicales. Pour moi, un film dans lequel les gens se mettent soudainement à chanter et à danser en plein milieu d'une conversation, c'est quelque chose de particulièrement effrayant (et aussi très ennuyeux si les chansons ne sont pas entraînantes). En fait, les comédies musicales que j'apprécie peuvent se compter sur les doigts de la main : en gros, il y a Grease, Moulin Rouge et The Rocky Horror Picture Show. Alors forcément, j'étais moyennement motivé pour aller voir Mamma Mia ! au cinéma. Mais vu que j'aime bien les chansons d'ABBA et que ma chère et tendre voulait le voir, je me suis laissé convaincre plutôt facilement. Et autant dire que je n'ai pas regretté le déplacement, même si j'ai obtenu tout autre chose que ce à quoi je m'attendais. Car Mamma Mia est un véritable navet : mal interprété (tous les acteurs surjouent à fond et aucun ne chante juste), mal filmé (toutes les scènes de danse en groupe sont filmées en gros plans), mal chorégraphié (les acteurs ne savent pas danser et les figurants non plus), vulgaire, et pourtant, c'est un spectacle absolument jouissif car totalement assumé. A croire que toute l'équipe s'est dit : " bon, on fait une grosse daube, là, alors autant prendre ça à la rigolade ". Et ça marche !

Le film est rempli du début à la fin de passages totalement " autres ", comme cette scène dans laquelle des éphèbes palmés dansent sur un ponton façon pingouins, ou lorsque Meryl Streep tente une envolée lyrique sur The Winner takes it all pendant que Pierce Brosnan s'emmerde poliment à coté. Une Meryl Streep en roue libre, fringuée n'importe comment (au choix dans une hideuse salopette bleue ou dans des costumes de scène 70′s) et qui semble s'éclater comme une folle, dansant comme un sac de patates et s'égosillant à s'en ruiner la voix pour massacrer les plus grands tubes d'ABBA. On n'avait jamais vu l'actrice oscarisée comme ça... A coté d'elle, les autres comédiens prestigieux sont quelques peu eclipsés, notamment les rôles masculins. Colin Firth fait son Colin Firth et Stellan Skarsgård est transparent. Seul Pierce Brosnan s'essaie à pousser la chansonnette, ce qui à première vue n'est pas son truc, vu l'air concentré (limite coince) qu'il arbore, se rendant de toute évidence très bien compte qu'il chante comme une casserole...

Les acteurs s'en donnent donc à cœur joie dans ce portnawak généralisé, gesticulant dans tous les sens, massacrant les tubes d'ABBA, le tout sur un scénario prétexte tenant sur un papier de cigarette. Même les figurants dansent comme des nazes, le passage le plus hallucinant de ce point de vue restant la chorégraphie sur Dancing Queen. Ça commence déjà fort avec les deux amies de Meryl Streep qui lui fredonnent la chanson en se déguisant avec des tenues d'adolescentes (scène d'une vulgarité hallucinante), puis ça continue de plus en plus fort avec la Meryl qui reprend la chanson avant de sortir et d'embarquer toutes les bonnes femmes de l'île (oui, ça se passe sur une île), même les mamies, dans une chorégraphie démentielle (enfin, une sorte de macarena, quoi).

Mais le summum du n'importe quoi jouissif est atteint lors du générique de fin où Meryl Streep et ses deux amies, fringuées dans le plus pur style 70′s pattes d'eph, chantent sur Waterloo avant de demander au public si celui-ci en veut encore. Sans attendre la réponse, elles enchaînent sur une seconde chanson, bientôt rejointes par les trois acteurs masculins eux aussi déguisés avec des costumes bleus à paillettes (et franchement, Pierce Brosnan en costume bleu à paillettes décolleté, c'est pas un truc qu'on voit tous les jours !). Et le spectateur d'halluciner devant cet ultime coup de folie d'un film définitivement pas comme les autres...

Note : 3/10 Note nanaresque : 9/10

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