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Sexe, drogue et Robert Evans

Par Amaury Watremez @AmauryWat

J'ai toujours adoré le cinéma, depuis la première fois où l'on m'a emmené voir un film au grand "Rex" à Paris, un Disney, comme tous les gosses de cette époque (à cette époque, les films se partageaient surtout avec d'autres dans des salles comme le "Rex" et non tous seuls devant l'écran de télévision). Dans ce cinéma, on voyait bien que les décorations étaient toc, mais ce n'était pas grave, c'était magique. Et voir un autre monde s'ouvrir sur l'écran l'était encore plus. Hollywood, c'est pareil, on sait très bien que c'est du toc, y compris la posture cinoche indépendant, finalement aussi commercial que l'autre, mais d'une autre manière, rajoutant des alibis, des références, un message plus ou moins bidon. Il y a là-dessus deux livres indispensables : "Le Nouvel Hollywood" et "Sexe, mensonge et Hollywood" de Peter Byzkind. On y apprend que les stars n'ont pas changé, elles font cependant plus attention à leurs comptes en banque. On y rencontre les nouveaux "moguls" et ceux qui ont connu la déchéance comme Robert Evans, tout aussi fascinant que les premiers nababs, que ceux de "l'Age d'or" comme ce cinglé fabuleux et flamboyant de Darryl F. Zanuck à qui l'on doit le meilleur du film noir et les films sociaux de la Warner (dont le descendant, Richard, continue de produire d'excellents réalisateurs). Avec Evans, dont le film "The kid stays in the picture" retrace la vie, on a tout, des succès à la con comme "Love Story", des chefs d'oeuvre malades comme "Chinatown", la fête, la luxure, les gros cigares et les brushings, les filles dans le jacuzzi puis la dope, les flics et la taule. Ce type est odieux et imbuvable comme tous les autres "kingpins" d'Hollywood, mais il fascine, autant que les deux frères Weinstein, passés du Bronx à Miramax. Cela me laisse penser aussi qu'un vrai cinéphile connaît le cinéma d'avant les années 80 pour être crédible et comprendre la continuité des genres et des oeuvres : "Indiana Jones" vaut bien "le tigre d'Eshnapur" de Fritz Lang, Tarantino doit beaucoup de choses à Melvin Van Peebles, voire aux feuilletons policiers des années 70, sans "Metropolis", pas de "Blade Runner", sans les "serials" pas de Science fiction...


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