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Le ridicule ne tue pas (sinon, ça serait l'hécatombe chez Grasset!)

Par Lise Marie Jaillant

Martine Boutang_Figaro "À la réception de chaque manuscrit Martine Boutang se dit : « Là, je vais découvrir quelqu'un…»"

R-I-D-I-C-U-L-E ! La "directrice littéraire chargée des premiers romans" chez Grasset nous rejoue le coup "tout les wannabes sont égaux". Disons que certains sont justes plus égaux que d'autres: les journalistes, scénaristes, producteurs de cinéma, acteurs, artistes bien intégrés au petit monde groovy-médiatique-parisien. Ceux-là, Martine Boutang a terriblement envie de les "découvrir"!

Et quand elle découvre un talent, Martine Boutang pousse la porte de son patron Olivier Nora "dans l'état d'ébriété jubilatoire où la met la découverte d'un texte singulier" (voir ICI). Et Olivier Nora ne peut que céder au flair extraordinaire de Martine: c'est grâce à elle que des wannabes inconnus comme Jeanne Labrune ont été publiés. Jeanne est très sympa et a tourné avec Nathalie Baye, Sandrine Kiberlain, Sylvie Testud, Jean-Pierre Darroussin. Mais elle a envoyé son manuscrit par la poste "sans recommandation". Si, si,...

Soyons sérieux deux minutes: à la place du journaliste du Figaro, j'aurais honte d'avoir gobé un tel bourrage de crâne. Pourquoi n'a-t-il pas demandé des NOMS de wannabes inconnus publiés par Grasset? Tout simplement parce que le pouvoir médiatique a tout intérêt à perpétuer ce mythe méritocratique. Il ne suffit pas d'appartenir à l'élite médiatico-artistique: il faut prétendre avoir gagné sa place par son talent.

Et je reste ahurie de voir que David Foenkinos continue à sortir les mêmes âneries, alors même que son Podwrath est librement accessible sur le web: n'importe qui avec une moitié de cerveau et un moteur de recherche peut se rendre compte que quelqu'un qui travaillait dans l'édition n'était pas un parfait inconnu dans le milieu. Quant à Eliette Abecassis, heureusement que papa connaissait quelqu'un chez Ramsay...

Finalement, la seule voix honnête de ce dossier pitoyable est celle de Yasmina Khadra. Il affirme avoir détruit tous les manuscrits refusés par des éditeurs: "À ses débuts, Yasmina Khadra n'a pas de réseau ni de parrain, et il soutient que sur les vingt romans refusés, il y en avait au moins trois ou quatre qui étaient parfaitement valables."

Voilà le résultat des pratiques de sélection fondées sur le copinage: la destruction des talents. A la réception de chaque manuscrit, Martine Boutang se dit: "Là, je vais détruire quelqu'un..."


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