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Une nouvelle aventure du petit Nicolas - le petit Nicolas chez le psychologue

Publié le 05 septembre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

en hommage à Sempé et Goscinny

Le petit Nicolas revient, il a fait sa rentrée avec des innovations pédagogiques comme on va voir.

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Il y a cinq jours c'était la rentrée des classes. C'était un peu bizarre car ce n'est plus la même maîtresse, mais un jeune maître et puis il y a des filles dans la classe. Le premier jour, il y avait les filles d'un côté et les garçons de l'autre et tout le monde parlait en même temps dans les couloirs, c'était amusant, on rigolait bien. Quand les maîtres et les maîtresses sont arrivés, on a cru que nous allions nous faire disputer mais en fait ils n'ont rien dit. Notre nouveau maître est tout jeune, il ressemble au grand frère d'Eudes mais avec moins de cheveux. Il s'est mis à côté de la porte, il ne nous a pas mis en rang, il nous a dit de rentrer. Agnan n'a pas bougé car il fait toujours ce qu'on lui ordonne de faire et là il était tout pâle et angoissé. Alceste non plus n'a pas bougé, il finissait de manger ses petits pains au beurre du matin et n'a pas entendu la voix du nouveau maître qui est très douce.

Dans la salle de classe, le nouveau maître nous a fait mettre les tables en rond autour de lui pour "que ce soit plus convivial". Ce n'était pas une bonne idée car Agnan et Clotaire ne savaient plus où s'asseoir, puisqu'il n'y avait plus de premier rang ou de pupitre près du radiateur. Quand nous bougions les chaises ce qui faisait beaucoup de bruit, le nouveau maître se frottait les mains en souriant. Il nous a fait remplir une petite feuille en carton où nous avons dû mettre ce que nous voulions faire plus tard ; moi j'ai mis astronaute sur la lune ou alors cow-boy en Normandie car j'aime bien la Normandie, et aussi que je voulais faire plaisir à mon Papa et ma Maman, c'est là où habite Mémé. Agnan a ramassé les fiches et le nouveau maître les a lues en parlant très vite et tout bas et on ne comprenait pas ce qu'il disait. Puis la classe a commencé et nous avons arrêté de faire les guignols, même Maixent qui montrait aux copains ses sandales en plastique rose que sa mère lui faisait porter encore quelques jours après les vacances pour que leur prix soit amorti.

A la fin de la journée, le nouveau maître m'a fait venir à son bureau et m'a dit qu'il était très inquiet pour moi du fait des réponses que j'avais mises sur ma fiche, qu'il fallait que je prenne rendez-vous avec mes parents chez le psychologue scolaire. J'ai fait signer le papier à Papa et Maman, après Papa a rigolé drôlement en faisant tourner son index autour de son oreille et Maman a soupiré en me regardant et en me disant :

- Tu as des problèmes à l'école, Nicolas ?

J'ai dit non et j'avais quand même un peu envie de pleurer et une grosse boule dans la gorge.

Ma Maman a pris rendez-vous le mercredi matin et nous sommes allés ensemble chez la psychologue. Quand nous sommes entrés il y avait une dame rousse avec des lunettes très grandes et un peu pointues qui lisait un livre dont le titre était "Vertiges d'Amour ruisselant". Maman lui a dit que nous avions rendez-vous à 10 heures et il était 10 heures, elle a indiqué les chaises qui étaient dans un coin de la pièce et nous a dit de nous asseoir et d'attendre, que la psychologue allait nous recevoir. Et elle a recommencé à lire son livre.

Nous sommes entrés au bout d'une demie-heure d'attente, la dame avait les cheveux jaunes au dessus et un noirs en dessous, elle sentait très fort le parfum et avait un pull blanc qui laissait des petits morceaux partout. Elle me donna une feuille et elle me dit de dessiner mon Papa, ma Maman, moi et puis notre maison. Elle m'a regardé faire en souriant et parfois, elle faisait "bien", "très bien" en me regardant. Elle a pris la feuille et elle n'a rien dit, elle a fait : "mm", "mm mm", "mm" et rien d'autres, moi je croyais qu'elle allait me féliciter car je m'étais drôlement appliqué. Elle ne m'a plus regardé et elle s'est tournée vers Maman en lui disant que "j'avais un imago paternel très chargé en surreprésentation de la virilité, à cause du cow-boy que j'avais rajouté dans ma main, j'en ai toute une collection, et que de manière latente

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on pouvait deviner une homosexualité mal exprimée mais sous-sous-jacente. Maman a ouvert de grands yeux, elle avait le même regard que lorsque je viens de faire le guignol ou dire un gros mot. Elle a dit :

-Allez, Nicolas, on s'en va, je ne vais pas écouter des bêtises pareilles.

La dame a répondu la bouche pincée comme monsieur le Directeur quand il reçoit les parents d'Alceste après leur premier goûter du jour :

-Mais, Madame, les autres parents m'écoutent, et ils font ce que je leur dis de faire car j'ai souvent raison. J'ai fait des études pour comprendre les enfants Madame.

Moi, je ne voulais pas partir, je voulais continuer à faire des dessins et à regarder les feuilles où il y a des taches d'encre, faites exprès, et que l'on imagine ce que çà représente comme j'ai vu dans un film de gangsters et de policiers mais c'est le gentil qui met les méchants en prison à la fin. J'ai été drôlement content quand même car Maman m'a acheté un illustré en sortant, très chouette, avec des histoires de cow-boys dedans. Et le lendemain, le nouveau maître était malade, il faisait une dépression nerveuse nous a dit monsieur le Directeur. il comprenait très bien avec une classe de jeunes gens et de jeunes filles aussi dissipés.

A suivre...


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