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Quelques propos cruels

Publié le 07 septembre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

AnnieHall_300x298.jpgLe célibataire a des amis qui se comptent sur les doigts de la main, droite je suppose, comme tout le monde il est vrai des vrais amis on en a peu, du genre que l'on peut appeler selon la définition de Clémenceau en plein milieu de la nuit et dire : "j'ai tué un homme" et qui nous répondent : Où est le corps ?". A côté de çà, il a des relations, des copains, de vagues connaissances, et il a aussi les "amis qui lui veulent du bien". Quand il n'est pas là, qu'est-ce qu'il prend ! On le soupçonne d'être homosexuel, dépressif, boulimique, névrosé, jaloux, convoitant la femme de son prochain, mais ce n'est pas pour dire du mal que l'on dit cela, c'est "pour son bien". Bien sûr, ce n'est certainement pas à cause de ses proches, ou ce genre d'amis, qu'un célibataire peut rater un truc, c'est qu'il n'a pas fait ce qu'il fallait mais le rate-t-il que l'on secoue la tête avec commisération en levant les yeux au ciel en disant : "ce sacré X ou cette sacrée Y !".

L'amitié c'est ce qui fait grandir, qui permet de mûrir, d'acquérir de l'indépendance, condition "sine qua non" de sa dignité, rien de plus désagréable que la dépendance. Au célibataire, parfois, on met dans les pattes un autre type ou une autre fille avec qui l'on pense il pourra se marier au mieux, au pire tenter un accouplement (et moins emmerder ces amis qui veulent du bien dans le même temps). C'est souvent peu flatteur pour l'ami : je me souviens pour ma part de cette jeune personne tellement peu féminine qu'elle pouvait se promener en short dans les rues d'une ville méditerranéenne, fumant clope (gitane maïs) sur clope, réclamant à toute force de la bière en pays musulman). Les mariages de raison, çà ne fonctionne pas, parfois il vaut mieux continuer à vivre seul. J'avais pourtant été sans équivoque dés le départ et c'est là que j'ai rendu malheureuse une personne qui m'aimait sans retour, au même moment une autre me faisait le même coup, comme quoi la vie est mal faite et je dois être aussi un chieur finalement, l'amour est cruel comme dit Margot dans les chaumières. On se croit dans "Annie Hall", un film avec Aurey Hepburn, ou une "screwball comedy" des années 40 alors que l'on reste dans le vaudeville bourgeois.

Annie-Hall-Woody-Keaton_l.jpg

De quoi te plains-tu alors me rétorquera-t-on ? De rien, j'ai longtemps aimé les amours compliquées, qui ressemble à un ping-pong verbal continuel entre deux moments de tendresse, on se cherche, on se trouve, on ne peut pas se passer l'un de l'autre et puis finalement çà finit mal car on ne pense pas à l'avenir. Je suis surpris toujours par les sentiments, une femme que j'avais cru oublier m'apparaît dans les jambes de l'une, les yeux de l'autre, à la télévision, dans la rue, au cinéma, je la retrouve chez les autres, sans rien souhaiter. Ce que l'on souhaite, on finit toujours par l'obtenir mais pas de la façon que l'on pensait, c'est le seul hic. Plus jeune, je rêvais devant Lana Turner en "milady", les yeux d'Isabelle Adjani et les amours mortelles ou ensorcelés des livres de Barbey ou l'Isabelle du "Hussard Bleu", alors que l'amour c'est beaucoup plus simple et commun, c'est vivre à deux chaque jour qui vient. Sinon, c'est comme le drogué qui passe son temps à rechercher le "flash" du premier "fix", çà ne revient jamais. C'est pour cela que j'aime bien les films de Billy Wilder ou howard Hawks sur le sujet, ceux qui disent quelques vérités qui font mal (c'est normal pour des vérités que l'on ne veut pas s'avouer).


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