Magazine Culture

Jeune, jolie, publiée...et pistonnée

Par Lise Marie Jaillant

Alma Brami Comment publier chez Mercure de France à vingt-trois ans? Réponse: trouvez un très gros contact dans l'édition et bichonnez-le. Il suffit de feuilleter "Sans Elle" d'Alma Brami pour s'en convaincre. En parcourant ce roman, je suis tombée par hasard sur la dernière page:

"Merci à Jean-Christophe Grangé, mon île, pour la 4ème de couverture"

Mon île? Je me demande ce qu'Alma Brami a bien voulu dire. Le reste de son roman, à vrai dire, a l'air tout aussi vague et sans aucun intérêt. L'histoire d'une gamine confrontée à la mort et à la souffrance:

"Moi je m'appelle Léa, et je suis immortelle.

Immortelle, c'est quand on devait mourir à un moment et qu'on est pas mort, après c'est fini, on a dépassé la mort, on l'a plantée, elle a pris quelqu'un d'autre à la place.

Je m'appelle Léa... Léa, c'est plein de couleurs, un peu rose, un peu vert, un peu bleu, mais tout pastel... Léa, c'est doux, c'est soyeux.

Je m'appelle Léa, je suis blanche comme du lait. Je m'appelle Léa et je ne peux plus mourir. Même si je voulais, même si je faisais tout pour, je ne peux plus.

D'habitude la mort, elle vit avec nous, elle nous accompagne, elle est devant nous, à côté, autour et puis, un jour, on se rentre dedans, on se cogne à elle, et on meurt. Moi, je me suis cognée à elle, mais je me suis relevée avant qu'elle ne m'attrape et j'ai couru tellement vite qu'elle ne savait plus où j'étais." (Extraits disponibles sur Fluctuat ou Evene)

Pourquoi tant de pseudo-écrivains s'obstinent-ils à choisir ce style "stream of consciousness" (flux de pensée)? Se mettre dans la tête d'un personnage et imposer aux lecteurs des pages et des pages de considérations sur la VIE et la MORT, ça va pour Virginia Woolf. Pour les autres, mieux vaut s'en tenir aux bases du roman: faire interragir les personnages avec l'extérieur. Les montrer dans des situations de la vie courante qui vont les révéler. Bref, respecter la règle n°1 du creative writing: "show, not tell".

Mais bon, je suppose que lorsqu'on a le soutien de Jean-Christophe Grangé, la qualité de l'écriture est une considération secondaire...

Sce de l'image


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

LES COMMENTAIRES (3)

Par meme
posté le 08 décembre à 00:08
Signaler un abus

elle est jeune, mais plus que mochee! elle etais une babysitter de Grange. son future? j'en sais rien..

Par Khamsin
posté le 17 juillet à 15:12
Signaler un abus

Article franchement injuste, dont la construction (d'abord le coup de latte sur le piston, et seulement après trois mots lapidaires sur le livre) montre bien qu'on n'est pas là pour parler littérature. Et puis entre nous c'est quoi ces pseudos cours de littérature brandissant le creative writing comme la seule bonne manière d'écrire un roman ? Woolf suivait des cours d'écriture peut-être ? Huysmans ? L'histoire littéraire est faite à 90 % d'auteurs n'ayant jamais pris un cours de creative writing de leur vie, et fort heureusement 90 % de l'histoire littéraire n'est pas à jeter aux orties. Quant aux auteurs de talent (anglo-saxons, principalement) ayant suivis des cours de ce type, il est bon de rappeler que tous ou presque, lorsqu'on les interroge, répètent la même chose : ils ont savamment oublié tout ce qu'on leur appris afin de conquérir leur indépendance, et ne se plient pas à la lettre (et c'est heureux) à des règles tout au plus bonnes pour bricoler quelque manuscrit de table de nuit.

Par aucun
posté le 10 septembre à 21:26
Signaler un abus

pauvre tarte

A propos de l’auteur


Lise Marie Jaillant 301 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossier Paperblog

Magazines