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Sans contraintes

Publié le 09 septembre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

On me l'a souvent reproché : j'ai un rapport compliqué avec l'autorité, de plus comme l'a dit un jour un proche, je suis d'une famille où les contraintes sont très mal vécues. Cerise sur le gâteau, ayant des tempéraments excessifs pour la plupart, ce qui n'est pas si grave au moins nous sentons-nous vivants, nous avons souvent du mal à trouver la juste mesure des sentiments. Comme ce n'était pas suffisant et pour parachever le chef-d'oeuvre, nous avons pour origines des personnes qui viennent de Montmartre et de Picardie, deux endroits qui cultivent l'insolence et l'irrespect total des bourgeois qui se haussent du col, des prétentieux en général; Heureusement que nous avons, du côté maternel, des liens avec la Touraine, région d'équilibre mais malheureusement également d'indocilité tranquille. Parfois j'aurais aimé être docile, cela m'aurait facilité les choses, mais c'est ainsi que l'on est et cela permet d'avoir du coeur face aux injustices.

Cela engendre aussi beaucoup de méfiance face aux théories d'où qu'elles viennent qui veulent le bonheur de l'humanité sans lui expliquer pourquoi il devrait se conduire se telle ou telle manière ou encore obéir sans répliquer à de belles idées utopiques qui une fois mises en oeuvre sombrent dans le grotesque. Cette indocilité permet aussi de se demander si tel ou tel modèle de réussite mérite son statut. Le danger est de se laisser aller à des sottises, ainsi que je l'ai fait en parlant d'Eric Naulleau dernièrement, qui n'a rien perdu de son intégrité, de son mordant ou de sa proximité avec les autres êtres humains comme j'ai pu le constater très vite. L'autre défaut est que ces gènes de l'indocilité (c'est pas ma faute donc) me poussent à pointer ce que je trouve ridicule et grotesque, le plus souvent mes intuitions sont justes, chez celle ou celui dont le talent est reconnu, souvent aussi à juste titre, on peut de toutes façons être un type talentueux sur le plan littéraire ou artistique et être un parfait connard sur le plan humain.

Même si moi aussi j'apprécie la reconnaissance, les encouragements et les compliments, c'est humain, je n'ai pas envie d'être calife à la place du calife. Quand la réussite, parfois (très) relative, est liée à la prise de grosse tête, je l'envie encore moins. Je n'ai pas envie d'admiration contrainte, de dire que tel auteur est génial alors que je ne l'aime pas, de lire des livres soi-disants obligatoires, de voir des films indispensables.


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