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Le Pape actuel est-il trop subtil ?

Publié le 17 septembre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

Je trouve cet article de "Marianne" remarquable (on remarquera que ce n'est pas dans "la Croix" ou la gazette du père Dupanloup donc dans un journal qui n'est pas un repaire de "grenouilles de bénitier"). En effet, le pape actuel est trop subtil pour l'époque qui est simpliste, que ce soit ses idéologues ou ses intellectuels en général. Il est trop subtil également pour certains catholiques dont ceux qui confondent intelligence et perversité par exemple, (lire surtout les commentaires de la note en lien), pour les progressistes qui ont vite fait de le catégoriser comme réactionnaire, ce qu'il n'est pas, pour les traditionalistes qui le voient comme "leur" pape. Ce simplisme que l'on retrouve sur tout Internet de l'imbécile qui en profite pour laisser libre cours à ses penchants les plus nauséeux en passant par les abruti qui compensent leur microcéphalie par l'agressivité et la violence. Je me suis fait traiter de "fou de Dieu" sur un autre blog alors que je me sens plutôt dans la veine de l'abbaye de Thélème qui favorise la liberté et la vie : "Vivez! Aimez! Beuvez"

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Nul doute que le pape Benoît XVI soit le chef d'Etat le plus cultivé: ce n'est pas très difficile. Mais il est sans doute aussi un des hommes les plus instruits de la planète, non seulement dans les sciences théologiques mais encore la philosophie, les arts et même les sciences. Cet homme qui dialogue avec Habermas, joue Mozart et aime le latin ne manque en tous cas pas de ressources. Il est vrai qu'élu à près de quatre-vingts ans, il avait eu le temps d'en apprendre des choses !
L'épisode le plus original de son voyage en France fut une conférence au tout nouveau centre culturel des Bernardins, initiative de Jean-Marie Lustiger destinée à rapprocher la foi et la culture. Y ont accouru, non seulement l'Institut de France, dont il est membre associé, mais aussi la fine fleur de la culture, de l'édition, des arts et des lettres. Les intellectuels catholiques de la nouvelle génération, comme Rémi Brague ou Jean-Luc Marion mais aussi Régis Debray, Frédéric Mitterrand et bien d'autres. De cette conférence, beaucoup, telle Julia Kristeva, sont sortis enthousiastes. Insistant sur la nécessité d'interpréter les textes, inscrite au cœur de la tradition juive aussi bien que chrétienne, le pape a longuement montré comment il y a là la source d'une science du langage fondatrice de la culture européenne et l'antidote à tous les fondamentalismes.
Une religion d'intellectuels ?
Ce succès intellectuel de l'Eglise catholique forme un contraste cruel avec la chute de son influence mise en relief par tous les sondages. Si 75 % de Français se déclarent encore catholiques, 50 % seulement croient en Dieu, 25 % à une vie dans l'au-delà et à peine plus de 5 % pratiquent.
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Le critère le plus significatif de la crise est le nombre d'ordination de nouveaux prêtres. Un parcours qui se résume à un brutal décrochage en 1975 d'environ 800 à 100 par an. A partir de là, un palier qui dure encore aujourd'hui. Un flux d'entrée qui correspond à celui des énarques ! Encore de quoi avoir quelque influence d'autant que les nouveaux prêtres, eux, sont cultivés. Les spécialistes du calcul intégral montreront toutefois comment ce décrochage très situé dans le temps entraîne pendant quarante ans le sentiment déprimant d'une diminution continue des effectifs du clergé. Un nouveau décrochage est-il intervenu vers 2005 ? Cela reste à confirmer.
Les autres critères d'influence sont à l'avenant : diminution du nombre d'enfants baptisés puis catéchisés, des mariages religieux. Seul indicateur au vert : le nombre des baptêmes d'adultes, dont l'augmentation ne compense cependant pas celle des enfants.
Cette crise touche l'Église catholique dans toute l'Europe. Elle touche aussi les Eglises protestantes établies. Le reste du monde, Etats-Unis et Russie compris, vit, par rapport au fait religieux, à un autre rythme.
Il semble donc qu'il ne serve à rien à l'Église catholique d'avoir un pape instruit et subtil. Les seules religions qui progressent semblent celles qui véhiculent un message simple, voire simpliste. Pour les islamistes, le Coran et rien que le Coran. Pour les évangélistes américains (Note d'Amaury : qui influencent les charismatiques européens dont la Communauté de l'Emmanuel), la Bible et rien que la Bible y compris quand elle contredit la théorie de l'évolution (acceptée par le pape), y compris quand elle permet d'assimiler la lutte des Etats-Unis et d'Israël contre le reste du monde à la bataille finale du bien et du mal, la fameuse bataille d'Armageddon décrite dans l'Apocalypse.
A suivre ici


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