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La fraternité devrait aller de soi

Publié le 07 octobre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

14-jerusalem-vieille-ville-2-1dce6.jpgJ'ai habité à Jérusalem pendant deux ans dans la partie orientale de la ville au coeur du quartier musulman. Là, comme dans tous les autres quartiers il y avait une maison financée par tous les habitants afin que les sans-abris et les nécessiteux aient au moins un toit et de quoi manger. La question de l'utilité de cette maison ne se posait même pas, elle allait de soi. Ce n'était même pas une question de moyens, mais de société ; le revenu moyen par habitant dans la partie est de la ville est de 200 Euros par mois. Certes, on me dira, "c'est une autre culture".Tout n'était pas parfait, il y avait la violence, la sottise, l'ignorance, en particulier des occidentaux en visite ou habitant sur place.

Pourquoi cela ne fait-il plus partie de la nôtre ? Nous, nous aimons les beaux sermons qui amènent la larme à l'oeil en parlant des pauvres, les discours vengeurs, les belles idées qui font plaisir entre la poire et le fromage et gonflent d'orgueil sur soi. Et puis ensuite on a de l'altérité une conception gadget, c'est en plus, en sus, alors que ce devrait être fondamental. Il y a déjà quelques temps, des commentateurs se disant de gôche, qui ne comprenaient pas vraisemblablement la contradiction entre leurs opinions et leurs commentaires, ont raillé le fait que je parle de la destruction du lien social, montrant là leur égoïsme fondamental et leurs limites. Je passe pour un farfelu depuis longtemps, un doux rêveur irréaliste, un "artiste" comme on dit pudiquement. Mais qui était le plus irréaliste et le plus irresponsable ? Le "trader" qui joue et perd en bourse sans se soucier des conséquences, l'effondrement du marché, ou celui qui rêve d'un monde un rien meilleur ? Hélas, je ne pense que l'on écoutera plus les rêveurs.

Maintenant, on y est, vu les temps que nous vivons, on a le choix de vivre en pensant aux autres ou en se rencognant dans sa coquille. C'est déjà la deuxième solution que beaucoup choisisse en achetant de l'or par exemple ou en faisant des pleins du 4X4 dés que le pétrole augmente. Et quand il n'y aura plus rien ? Il ne s'agit pas seulement de faire la charité mais aussi d'aller vraiment vers les autres. Nous savons ce qu'il y a à faire, pourquoi attendre encore ?


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