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La mort c'est con à tous les àges - Sur la mort de Guillaume Depardieu

Publié le 15 octobre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

guillaume_et_gerard_depardieu_reference.jpgIl y a un moment que je garde malgré tout d'Amélie Poulain, c'est celui-ci : à sa marchande de journaux qui lui dit que c'est quand même bête qu'une femme jeune et belle comme Lady Di meurt, Amélie réplique que ça n'aurait pas été différent si elle avait été vieille et moche. Sur Guillaume Depardieu, ils sont nombreux à être de l'avis de la buraliste, comme sur ce blog, voir ici. La mort est absurde et douloureuse à tous les àges que l'on soit puissant ou misérable, beau ou laid, jeune ou vieux, connu ou inconnu, une icône romantique ou pas. Ce qui m'agace, comme dans l'article cité ci-dessus, c'est se permettre de juger des relations d'un père et de son fils. On ne sait pas ce que Gérard Depardieu et son fils vivaient, on ne sait pas ce qu'ils ressentaient, on ne sait pas s'ils étaient désarmés en face de l'autre ou pas. C'est normal qu'un père soit parfois maladroit, ne pas le comprendre c'est estimer que l'on est soi-même parfait et hors d'atteinte d'un jugement de cet ordre. Il y aussi dans la note de blog citée et dans d'autres sur ce sujet cette idée que la souffrance, la blessure, la dureté de la vie donnent automatiquement du talent, cette image du poète maudit et marginal. On sait bien que c'est une connerie.

Ma première réaction en voyant sa "compagne", je préfèrerais le terme amie de coeur, compagne faisant penser à un animal de compagnie, parler de lui, de ce qu'ils vivaient, cela m'a un peu agacé, de la voir avec son clope entre deux doigts, sans larmes. Je me suis dit : "quelle affectation !". Il y en avait un peu, et l'agacement est resté malgré tout quand elle s'est lancé ensuite dans une hagiographie de Guillaume Depardieu, et l'on n'a pas le droit de juger de la réaction des autres personnes devant la douleur de la perte d'un être cher. Mais la vie reprend ensuite son cours et personne n'y est plus indispensable que d'autres même si tout le monde est unique. Il me semblait souvent dans ses films, dont je n'étais pas fanatique, à l'exception de "Tous les matins du monde" ou les films avec Pierre Salvadori, que Guillaume Depardieu ne jouait pas, il était lui, blessé, et qu'il ne pouvait que difficilement en guérir sous le feu des projecteurs. Dans l'article cité plus haut, l'auteur du texte parle d'un de ses derniers films où il était SDf, un film exemplariste sur la misère humaine qui oublie que les SDF, les pauvres ne sont pas des archétypes pour entretenir la mélancolie que l'on ressent devant le monde, mais des êtres humains qui se comportent souvent aussi mal que les autres loin des clichés rose-bonbon.


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