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Pourquoi lire 1206 pages signées Thomas Pynchon?

Par Lise Marie Jaillant

On ne devrait jamais s'approcher d'un bouquin que tout le monde encense. C'est soit un roman tellement plat et insignifiant que personne ne peut en dire du mal (cf Nina Bouraoui), soit une telle bouse que personne ne l'a lu. Et j'ai bien peur que "Contre-jour" de Thomas Pynchon appartienne à la deuxième catégorie.

Disons-le tout de suite: je ne conçois pas qu'un lecteur normalement constitué vienne à bout de ces 1206 pages de galimatias pynchonesque. Personnellement, j'ai suivi le conseil de ce libraire, qui encourage ses clients à commencer par "Vente à la criée du lot 49 ", un texte soit disant "valeur sûre" écrit en 1964. En plus, il se trouve que je dois assister à un séminaire à Birkbeck College sur ce (court) roman. Donc je me suis dit: "ma fille, accroche-toi, c'est seulement 120 pages, tu vas survivre".

Et bien non, désolée, mais Pynchon m'a achevée avant la fin. J'ai quand même lu les premières pages de "Contre-jour" avant d'écrire ce post, histoire de faire un travail sérieux de journaliste (disons, un travail plus sérieux que la plupart!). Et à défaut de saisir quoi que ce soit à ce délire nihiste-post moderne- "rien n'a de sens, autant inventer des situations sans queue ni tête", j'ai au moins compris pourquoi toute la presse française nous encourage à lire Pynchon (même Paris Match y va de sa petite hagiographie). C'est quand même un des seuls auteurs américains illisibles: en comparaison, notre littérature made in France apparaît comme relativement correcte. Il y a de quoi se réjouir (et débourser 35 € pour le pavé), non?


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LES COMMENTAIRES (1)

Par Puf
posté le 02 juin à 16:29
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Mon dieu, critiquer Contre-jour! C'est comme préférer bouffer dans un McDo que dans un resto étoilé. Je n'en suis pas étonné de nos jours. Contre-jour écrase la "lis tes ratures made in France" actuelle, la ridiculise. Nos écrivaillons (à part une poignée)sont frileux, fadasses, pathétiques et sans ambition. Ils font figure d'élèves de CM1 comparé au géant américain. À mettre au pluriel en fait. De vrais parasites de l'écriture. Faudrait un bon coup de Baygon pour nettoyer tout ca. Pynchon à l'égal de Proust, de Joyce et de Perec. Enfin, quelqu'un digne d'intétêt! Mais évidemment le lecteur moyen ne comprend pas la grande littérature. Il lui faut du facile, du pré-cuit sinon "ha bah non je comprends pas. Ce mot fait pas partie des 250 que je connaisse." Ce qui explique le tas de médiocrités et de nullités prédigérées publiées chaque année dans ce pays. En fin de compte, rien de nouveau. Les véritables artistes ont toujours été dénigrés, insultés avant d'être reconnus pour leur talent,pour leur avant-gardisme.

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