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Travailler dans l'édition pour être publié: bonne ou mauvaise stratégie?

Par Lise Marie Jaillant

Frankfurt Book Fair Pour ceux d'entre vous qui s'intéressent au "milieu hostile de l'édition" de l'autre côté de l'Atlantique, je conseille vivement le blog de The Rejecter. Cette ancienne wannabe a réussi à publier son livre grâce à un networking intensif - elle travaille comme agent littéraire, forcément, ça aide!

C'est d'ailleurs incroyable de constater que les professionnels de l'édition soient si nombreux à publier leur propre livre. J'ai déjà parlé de ces éditeurs qui sont aussi écrivains: Jean-Marc Roberts (qui vient de sortir son 20ème livre, eh oui!), Richard Millet (le champion toutes catégories avec un 40ème livre publié cette année chez Gallimard, sa propre maison...),...

On pourrait également dresser une liste de tous les écrivains ayant débuté par un stage dans l'édition, en commençant par Florian Zeller (stagiaire chez Flammarion, et publié dans la même maison depuis six ans).

Il me semble pourtant que les métiers de l'édition devraient attirer des vrais professionnels, passionnés par l'aspect "business" du métier. Après tout, pour être éditeur ou attachée de presse ou agent littéraire, il ne faut pas simplement aimer lire. Il faut aimer vendre des livres.

La contagion du milieu de l'édition par des arrivistes/ wannabes est donc une mauvaise nouvelle pour les amateurs de qualité littéraire. Dans les pays anglo-saxons, où ce mélange des genres existe également (cf The Rejecter), les impératifs de retour sur investissement limitent quelque peu les dégâts. Il ne suffit pas de connaître tout le monde pour se faire publier, encore faut-il avoir écrit un livre qui ait une chance de se vendre.

En France, les pressions de rentabilité sont moins fortes. Résultat, on publie tout et n'importe quoi, pourvu que l'auteur soit cool et bien vu à Saint-Germain. Les choses commenceraient à changer si:

1. Travailler dans l'édition était strictement incompatible avec une publication, afin d'éviter les dérives du copinage.

2.  Les éditeurs français adoptaient des méthodes de business beaucoup plus agressives, avec un retour sur investissement escompté dans tous les cas. Cette tendance se dessine d'ailleurs déjà avec la montée des grands groupes de type Hachette.

En attendant, trouver un job dans l'édition reste une voie sûre vers la publication. Mais tout le monde n'est pas prêt à rentrer dans la galère des stages et autres boulots d'intellectuels précaires (sans parler de l'aspect fayotage/ copinage, indispensable dans ce genre de job!)

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