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La rebellitude

Publié le 28 octobre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

Sur le Net, il y a un salon sur lequel je vais régulièrement qui est celui de "Causeur" d'Elisabeth Lévy car on y parle plus vrai qu'ailleurs et les discussions y sont souvent intéressantes. Je viens de lire cet article sur la "rebellitude" qui est assez juste sur certains points mais il y en a cependant un que j'ai envie de discuter, Elisabeth Lévy écrit : “C’est à se demander pourquoi il est si important de lutter contre un ordre établi que personne ne défend”. Justement, personne ne le défend car personne ne songerait que l’on puisse le remettre en cause, il est acquis à nos yeux. Tout le monde l’acceptant puisque nous avons tendance à croire que nous sommes l’apogée de la civilisation humaine alors que nous n’en sommes peut-être qu’au début, et qu’il n’y a pas d’alternative à notre mode de vie, l’alternative n’étant pas forcément de gôche, ni forcément de droâte. De plus, vivant dans un perpétuel présent entretenu par la publicité, il ne nous vient pas à l'idée de réfléchir au but de cette société, si elle a en un encore, et sur ce qui reste des idéaux.

Personnellement, je trouve hallucinant qu'il ne vienne à l'idée de personne, ou presque, de critique le système bancaire et financier, et encore moins le libéralisme économique. Un système qui perd 25000 milliards de dollars depuis janvier 2008 est un système en échec. Ce n'est pas en développant de vagues promesses de moralisation de la vie économique (quelle bonne blague !) que l'on y changera quoi que ce soit ou en mettant en lumière quelques saints médiatiques dont ça n'enlève cependant pas le mérite. Certes, Augustin Legrand, en se faisant la barbe de Pierre Fresnay dans "Monsieur Vincent", en poussant une gueulante qui sent l'authenticité frelatée sur le plateau de Ruquier, fait rire, en plus ce qu'il propose c'est seulement de gérer l'urgence, et non de changer les structures, mais il essaie quelque chose par ailleurs, tout comme Soeur Emmanuelle, même si, comme le montre une de mes notes précédentes, il n'y a pas qu'elle au Proche Orient. Au bout du compte, "the show must go on", ça reste du spectacle pour amuser les serreurs de fesses effarés qui se font peur devant la télé. Bien au chaud.

Je préfère le discours du psychiatre Patrick Declerck sur le sujet, beaucoup plus pertinent que les autres, comme il le dit, cela reste de la moraline et rien ne bouge vraiment. Bien sur, ce qu'il dit, personne ne le relaie, car la vérité fait plus mal que deux ou trois belles déclarations bien creuses, ou une polémique un peu musclée qui fait que l'on parlera un petit peu encore de soi, grapillant de ci, de là quelques minutes de célébrité qui semble si fondamentale aujourd'hui pour exister, même sur du rien.


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