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"Zone" de Mathias Enard: "chaos bestial, vertigineux, bousculé" ou énorme foutage de gueule?

Par Lise Marie Jaillant

Un pavé de 516 pages pratiquement sans ponctuation, ça vous tente? "Zone" de Mathias Enard est en effet composé de 24 phrases, soit une phrase toutes les 21 pages environ. Selon le Monde du 12 septembre, "il y a des virgules, parfois des tirets, pour permettre sans doute à l'auteur - et au lecteur - de respirer mais pas de point".

Extrait: "tout est plus difficile à l'âge d'homme, tout sonne plus faux un peu métallique comme le bruit de deux armes de bronze l'une contre l'autre elles nous renvoient à nous-mêmes sans nous laisser sortir de rien c'est une belle prison, on voyage avec bien des choses, un enfant qu'on n'a pas porté une petite étoile en cristal de Bohême un talisman auprès des neiges qu'on regarde fondre, après l'inversion du Gulf Stream prélude à la glaciation, stalactites à Rome et icebergs en Egypte, il n'arrête pas de pleuvoir sur Milan j'ai raté l'avion j'avais mille cinq cents kilomètres de train devant moi il m'en reste cinq cents, ce matin les Alpes ont brillé comme des couteaux, je tremblais d'épuisement sur mon siège sans pouvoir fermer l'oeil comme un drogué tout courbaturé, je me suis parlé tout haut dans le train, ou tout bas, je me sens très vieux je voudrais que le convoi continue continue qu'il aille jusqu'à Istanbul ou Syracuse qu'il aille jusqu'au bout au moins lui qu'il sache aller jusqu'au terme du trajet j'ai pensé oh je suis bien à plaindre je me suis pris en pitié dans ce train dont le rythme vous ouvre l'âme plus sûrement qu'un scalpel" (Sce: Fluctuat)

Si Mathias Enard faisait ses "expérimentations stylistiques" dans son coin, ça ne me dérangerait pas. Après tout, il n'a qu'à écrire 500, 1000, pourquoi pas 15 000 pages de logorrhée. Chacun ses loisirs, après tout. Et s'il trouve bon de se la jouer "avant-garde radicale-expérimentale" quatre-vingt dix ans après Joyce, pourquoi pas...

Mais le problème, c'est que la presse littéraire adôôôre Mathias Enard et nous inonde d'articles sur "Zone". Le Nouvel Obs et Télérama s'accordent à souligner que la lecture est "éprouvante", mais conseillent quand même le pavé. Le journaliste du Point (4 septembre) parle quand à lui de "chaos bestial, vertigineux, bousculé".

Oui, vous avez bien lu: "Zone" est un "chaos bestial, vertigineux, bousculé". Décidément, les frontières du ridicule sont chaque jour franchies par les journaleux germanopratins...


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