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Le père Fouettard en donne pour son argent au "Big Brother" des profs

Publié le 17 novembre 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

père Fouettard donne pour argent Il paraît que les profs vont avoir leur propre "Big Brother" à eux (avec ce blog, il ne va pas s'ennuyer, Note d'Amaury : après 6 ans sur zazieweb et trois ans ici, c'est foutu de toutes façons), on a appris ça dans une déclaration à effet d'annonce, technique de ce gouvernement, qui consiste à monter la population contre une autre en surfant sur les préjugés habituels : "les profs c'est rien que des gauchiss", "des communiss", des staliniens comme on n'en fait plus. Ce genre là, qui porte parfois la couronne de barbe dite "Robert Hue" et un baisenville en cuir fauve, n'est plus qu'une minorité folklorique à qui il faut au moins reconnaître la recherche d'un idéal. Maintenant, ce qui domine et s'accroît de manière exponentielle, comme dans le reste de la société, c'est l'individualisme forcené, la docilité, la faculté d'appliquer les instructions sans se poser de questions. Et de prendre les heures sup des collègues dits précaires qui n'ont rien retrouvé depuis la rentrée. Ne subsiste des âges héroïques qu'une vague mentalité altermondialiste ou "équitable", sauf pour les non-titulaires qui ne sont que rarement considèrés comme des collègues à part entière.

Depuis la Loi d'Orientation Loi de Finances de 2002, c'est bien 8000 contractuels enseignants ou personnel ATOS (cuisine, entretien, surveillance de cantine...etc) qui se sont retrouvés sur le carreau mais ça tout le monde, ou presque, quelques exceptions tant s'en faut dont, il faut bien le reconnaître la "minorité folklorique décrite ci-dessus, tout le monde s'en fout. Et puis les heures dégagées par l'éviction des profs contractuels c'est autant d'heures sup' à se partager en profitant de la prime de 500 euros pour trois heures sup'. Il faut reconnaître, c'est humain, et c'est égoïste aussi, et hypocrite. Et ennuyeux pour les élèves qui ont parfois devant eux en français en lycée pro, par exemple, de charmantes diplômées certes, mais plus spécialisées dans la poèsie classique que dans l'enseignement des bases grammaticales. Comble du cynisme, on a "reclassé" les salaires des contractuels en mars dernier (juste avant de les virer en septembre).

Je n'aborderai pas la question des épouses de maris ayant une "bonne" situation qui prennent le boulot de prof surtout parce que cela fait un revenu de complément appréciable, je passerai pour un immonde sexiste. L'une d'elles m'a expliqué un jour car elle avait peur que je la raillasse (pas de rime en "asse") que "tu comprends on vient d'acheter une véranda" ; pour lui répondre j'ai secoué la tête gravement en disant : "je comprend". Celles-ci ne se poseront pas de questions ni sur une hausse des salaires, ni sur la précarité. Elles s'en foutent. Je suis donc, notez bien, un immonde sexiste. Les syndicats se souviennent des contractuels en cette période d'élections aux prudhommes, faut dire que ça ferait quand même des voix. On leur envoit un papelard leur clamant que la précarité c'est pas bien, c'est pas beau, on ne dit rien de concret surtout, ces ingrats oublieraient de voter docilement. Suggestion en passant, les contractuels devraient exiger des garanties en échange de leur vote : tiens y'a une idée à creuser là...


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