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DASRI : 10 ans, ça suffit !

Publié le 01 décembre 2008 par Fred @V_A_U_Dcom

Depuis plus de dix ans, l’AFD et les associations de patients se battent pour que les collectivités territoriales et les acteurs de santé prennent en compte le problème de l’élimination des déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI).

Un texte voté hier au Sénat vient remettre en cause tout le processus de négociations et le consensus établis ces derniers mois.

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Aujourd’hui, 1,8 millions de personnes, essentiellement atteintes de diabète, sont en autotraitement. Elles génèrent des DASRI (Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux). Ces déchets sont spécifiques, liés à des traitements médicamenteux, prescrits par ordonnance. Piquants ou coupants, ils constituent des produits ménagers spéciaux et exigent une récupération et une élimination adaptées et sécurisées. A défaut, ces déchets se retrouvent dans les poubelles ménagères. Des dispositifs de récupération existent sur plus de la moitié du territoire. Des solutions efficaces existent. Elles sont issues de concertations avec les collectivités locales, les pharmaciens et les associations de patients. Faciles à mettre en oeuvre et à faible coût, il suffirait de les évaluer et de les généraliser à l’ensemble du territoire.

L’AFD défend cette position dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, avec le soutien de l’Ordre des pharmaciens et des industriels.
Or, le 24 novembre, le Sénat a voté un texte, au mépris de toute concertation, portant un amendement additionnel de l’article 9 du projet de Loi de finances 2009.

L’amendement reconnaît que des « dispositifs de collecte de proximité spécifique » existent, mais propose une filière différente pour le reste du territoire.
L’AFD s’étonne de l’incohérence de cette disposition. Nous refusons que deux systèmes distincts fonctionnent sur le territoire. L’AFD s’inquiète du coût disproportionné de la création d’un filière spéciale au regard du faible volume des déchets à traiter (2 000 tonnes).

Alors que, rappelons-le, il suffirait d’étendre les dispositifs déjà efficients dans certaines régions.
L’AFD se bat pour la mise en place d’un système d’élimination gratuit, efficace, durable et équitable pour toutes les personnes en autotraitement. Nous refusons que ces déchets soient considérés comme de simples piles. Seule la concertation et l’engagement de tous les acteurs, industriels, pharmaciens, associations de patients et collectivités territoriales, chacun avec sa part de responsabilité, peut permettre la mise en place d’une solution, réellement pérenne et économiquement viable.

De plus, la précipitation, l’absence de discussion et de consensus, qui entourent le vote de cet amendement risquent d’en rendre l’application impossible et d’entraîner de nouveaux retards et atermoiements.
L’Association Française des Diabétiques demande que le Gouvernement suspende ce projet d’amendement additionnel et que la concertation reprenne sereinement.


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