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Les mesquineries de village

Publié le 12 janvier 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

175px-SiteEcquetot_eglise1.jpgIl y a trois jours, ayant raté le petit bus d'un gros bourg de l'Eure pour un rendez-vous, j'ai dû me résoudre à attendre le suivant dans un café du coin. Y étaient installés deux ou trois gars en survêt dans les chaussettes et casquette, bref la classe, un ou deux ivrognes officiels de village et une bonne dame à coupe pratique dite rurale. J'ai soudain eu l'impression d'être dans un roman de Simenon, tous mes gestes étant scrutés tout comme mon visage et mes habits, je me faisais l'effet de ressembler à Maigret dans une de ses enquêtes. On commenta mon choix de boisson ("y dit un expresso comme à Paris, moi je prends un café, j'suis simple"). Un brave monsieur qui voulait sortir tenta à tout prix de le faire sans passer devant ma table qui était, pas de chances, juste à côté de la porte de sortie. Il fût bien obligé de frôler ma chaise. Comme je suis d'un tempérament très vite goguenard, je lui ai assuré que je n'étais plus contagieux, ce qui fit rire jaune un des soiffards du zinc, jaune parce qu'avec "ses "parisiens", on sait jamais" (je rappelle que pour ce genre de cul-terreux, Paris commence à la sortie du bled). On me dit que c'est pareil partout et que j'exagère mais il y a des régions où parfois la sottise et l'hostilité aux gens qui ne sont pas du coin ou seulement différents est plus marquée. On aimerait croire que c'est seulement dû à un degré important de consanguinité.

Personnellement, je dis encore une fois comme Céline que la campagne, du moins ce genre-là, m'emmerde.

Dans mon cas, c'était plutôt amusant. Mais je pense aussi à cette pauvre femme obligée d'habiter une caravane dans un petit village non loin de ce gros bourg. Il semblerait que les autres habitants se soient émus de son sort, et du chauffage de son logis, seulement quand les médias on t parlé de cette dame veuve, propriétaire de son terrain à qui le maire refuse le raccordement à l'eau courante et l'électricité par bêtise, par vanité stupide, et besoin de montrer que la toute petite parcelle de pouvoir dont il dispose, c'est quelque chose. On sent tout de suite le paysan rusé et parvenu, fier comme Artaban d'être un "meussieur".


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