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Comment j'encourage le camp des loosers/ défaitistes au détriment des génies persévérants (ah, ce qui ne faut pas entendre!)

Par Lise Marie Jaillant

Traversee du desert

Une des lectrices de ce blog m'a envoyé ce message, après avoir reçu une réponse personnalisée des éditions du Rocher:

"Un manuscrit envoyé par la Poste qui reçoit une réponse personnalisée encourageante !!
On me répète de plus en plus que les manuscrits envoyés par la Poste sont lus de manière sérieuse, et qu'il ne faut pas négliger cette piste. Cela n'empêche pas l'usage du piston éhonté pour publier de la daube.

Cela étant, Wrath, puisque vous ne craignez pas la franchise, je crois que des blogs comme le vôtre m'ont inhibée et ont renforcé mon manque de confiance en moi, au point que je n'ai que très peu envoyé mon manuscrit (à trois éditeurs seulement) par peur de ne recevoir qu'un paquet de lettres de refus stéréotypées, donc de souffrir le martyr. J'ai eu tort. (Mais il n'est pas trop tard !)

Je ne peux que vous encourager à dénoncer la publication de merdes imprimées grâce aux relations publiques, mais il faut arrêter de faire croire que les pratiques saines n'existent plus dans le milieu de l'édition : ça ne sert qu'à consoler les loosers. Les loosers ne sont pas seulement ceux qui écrivent mal, mais aussi ceux qui, hélas, se sentent fragiles, n'ont pas l'âme du combattant et se découragent. L'édition n'échappe pas à cette sélection naturelle qui prévaut dans toutes les organisations humaines (et animales) ! Seuls les génies survivent à cette guerre des espèces (soit 10 bonhommes par siècle)."

Voilà ce que j'ai envie de répondre à cette chère Marilyn. Que vous ayez reçu une réponse personnalisée pour votre roman, tant mieux pour vous. J'ai moi-même reçu un mot personnalisé de Guillaume Robert de Flammarion, à une époque où je ne connaissais personne dans l'édition. Ces choses-là arrivent (et heureusement!)

Mais de grâce, ne me reprochez pas d'encourager au défaitisme. Vous reconnaissez vous même avoir eu peur de recevoir des lettres de refus. J'avoue que j'ai du mal à comprendre: une lettre de refus ne veut strictement RIEN DIRE dans le milieu de l'édition. Une lettre de refus ne signifie pas que votre roman est mauvais, ou bon, mais simplement qu'il est passé entre les mains d'une secrétaire et/ ou stagiaire qui a pris le temps d'imprimer un papier standard. C'est tout! Pas de quoi de s'angoisser...

Maintenant, venons-en au fond du problème. Vous me reprochez d'entrenir la tendance "je baisse les bras" des loosers. Alors que je passe mon temps, depuis trois ans, à tenter d'encourager les gens à continuer à écrire, malgré les échecs, malgré l'absence d'espoir de publication. Car n'importe quel wannabe prêt à investir du temps et du talent pour écrire, peut aussi ouvrir un blog et se battre pour se faire entendre. C'est ce que j'ai fait, et je ne suis pas la seule.

Dernière chose: je trouve votre distinction "winner"/ "looser" un peu simplette. Prenons l'exemple de Riwoal, l'auteur d'"En route vers le Clochard". Il a ouvert un blog au moment de la sortie de son roman, avant de l'abandonner. Et à ma connaissance, "En attendant le clochard" s'est très mal vendu. Est-ce que pour autant Riwoal est un looser défaitiste? Non, pour moi, Riwoal est un écrivain: quelqu'un capable de continuer à écrire, avec ou sans publication...

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