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La Star Bookacademy: pourquoi pas?

Par Lise Marie Jaillant

Starac Le secteur de l'édition s'enfonce chaque jour un peu plus dans la crise, et tout le monde sait pourquoi: à force de publier des navets, pas étonnant que les lecteurs se soient lassés et préfèrent investir sur une carte de bibliothèque! Ce phénomène de long terme est bien sûr renforcé en période de baisse de pouvoir d'achat.

Mais en bonne élève de l'école libérale-anglo-saxonne, j'ai tendance à associer "crise" avec "opportunités". Puisque l'édition ne répond plus aux besoins des consommateurs, pourquoi ne pas changer les méthodes de sélection des éditeurs?

En clair, laisser tomber le système de copinage ("Je publie mes potes et tous ceux qui m'ont bien ciré les pompes") et choisir la sélection par le mérite. Vous allez me dire qu'un artiste n'est pas un fonctionnaire, qu'on ne peut pas organiser de concours pour déterminer le meilleur, ... et vous aurez tort.

Prenons l'exemple du collectionneur britannique Charles Saatchi, connu pour avoir découvert les YBA (Young British Artists, groupe hétéroclite qui inclut Damien Hirst). Saatchi vient d'annoncer qu'il participera à une émission télé pour découvrir l'artiste de demain. 

Bien sûr, j'aurais pu également pu citer la Star Ac pour les chanteurs ou l'initiative de l'éditeur Harper Collins, qui a décidé de publier trois auteurs du site Authonomy.com. A la base de toutes ces initiatives, un même principe: le public est roi, le public doit décider de ce qu'on lui propose à écouter/ contempler/ lire.

Bref, le règne de l'éditeur-roi est terminé. Les décideurs artistiques ne sont plus des monarques absolus, accordant une publication selon leur bon plaisir. Et ça, même Léo Scheer ne l'a pas compris. Il faut pourtant bien reconnaître que LS est plus malin qu'un éditeur parisien moyen (disons plutôt: moins bête). Il a compris l'insatisfaction grandissante de l'immense majorité des wannabes, et a alors lancé son projet Manuscrits. Mais là où il a raté une étape, c'est sur le processus de sélection: la publication papier est accordée au cas par cas, selon des critères opaques décidés par le Prince.

Or seul un système de sélection parfaitement transparent permettra de sortir de la médiocrité littéraire française. Passer du statut de wannabe à celui d'écrivain-publié demande des règles claires: formation reconnue en creative writing, puis compétition entre les meilleurs (avec l'avis du public). C'est en ça où je trouve l'initiative d'Harper Collins intéressante. A quand une véritable Star Bookacademy?


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