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Les grands esprits en "brain trust"

Publié le 17 février 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat
Une dame me racontait une anecdote que je trouve signifiante. A une réunion publique du PS, un des sous-édiles qui possède un bout de mandat a proposé de se réunir seulement entre "gensdebien" diplômés et formés pour "réfléchir à la crise". Il veut parler philosophie de la société, se demander si l'on parle de Marx, Engels ou Keynes, et puis ensuite on verra, mais surtout pas aller vers les gens sur le terrain (là on préfère envoyer les grouillots, les sherpas) pour se confronter au réel ou au "vraies" questions qui ne seront pas gênées par les récriminations sur le fric et la subsistance des pauvres qui nous emmerdent quoi à la fin. En somme il proposait de boire un "bouillon de culture" (Y-a-t-il une allusion ? Cela se pourrait). C'est le propre des cuistres de croire que le diplôme qu'ils ont obtenu, par leur travail certes mais aussi parfois surtout par leur docilité, que le bout de papier tamponné par l'État leur octroie plus d'intelligence que les autres et les placent au-dessus dans un rôle de sauveurs de l'humanité, de phares de la pensée. Mais ce sont surtout des imposteurs. Quand la dame qui me rapporte l'histoire lui a rétorqué que les soucis d'argent des gens n'ont rien de méprisable, le monsieur si cultivé, si raisonnable, lui a répondu qu'"elle était vulgaire", belle réponse de petit bourgeois qu'il est donc. Car ces penseurs du progrès, ces torches de la sagesse en marche, sont des bourgeois aussi amoraux et profiteurs que les autres, mais plus hypocrites. Et ils ont également le tort de porter aux nues des tyrans réputés progressistes : Staline, puis Mao, Pol Pot, Castro, "Che" Guevara qui n'était rien d'autres qu'un éxécuteur des basses oeuvres, et maintenant Chavez (les progrès de l'instruction ou de la santé n'excusent dans les pays gouvernés par ces pantins grotesques, tout autant que Mussolini ou Pinochet. la pauvreté extrème qui y subsiste ou l'absence de libertés). Ils entrent dans la croyance absolue dans ces mythes politiques comme on se convertit, ou comme l'on entre en religions, les faits leurs donnent rapidement tort mais ils n'en démordent pas quitte à aligner des sottises : j'ai pu lire entre autres que Chavez était une sorte d'émule de Bernanos, ce qui l'aurait fait rire puis tonner contre autre autant de connerie (de plus, cet auteur ayant -simplement- dit la vérité sur ce qu'il a vu du franquisme, beaucoup croient encore qu'il avait renié sa foi et ses idéaux de jeunesse, et changé de "camp", alors qu'il n'en était rien, il faut dire que les fanatiques de telle ou telle idéologie ne comprennent rien à l'indépendance d'esprit).

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