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"Bienvenue chez les chtis" version césarisable

Publié le 18 février 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

Dans le cinéma français et chez les "gensdebien", avoir du succès est vulgaire, c'est mal d'être populaire. Et pourtant, Dany Boon le savait, j'ai retrouvé le synopsis de la version initiale du film tel que la critique l'aurait aimé...

Philippe Abrams travaille dans une maison d'éditions indépendantes du sud de la France (très important la profession) et il est marié à Julie, qui a des cauchemars sur la mort de ses grand-parents tués par un militant OAS pendant une manifestation contre la guerre d'Algérie, qui se remet douloureusement d'une relation homosexuelle (parler des minorités sexuelles) de jeunesse et de son addiction à la cocaïne. Philippe quant à lui est hanté par le souvenir de son grand-père, collaborateur notoire. Il développe une névrose liée à sa culpabilité. Un jour, il décide de tout abandonner de sa vie d'avant et de s'intégrer à la société un peu mieux. Un de ses amis, cadre dans une administration, lui propose de devenir directeur d'une agence postale dans le Nord de la France, région que Philippe aimerait re-découvrir car il a en tête un projet de livre sur Zola (Depuis "la vie rêvée des anges", on sait que le Nord c'est Zola et le misérabilisme, les gens ne pouvant pas être heureux sans théâtre subventionné ni vélib, c'est bien connu). Il est accueilli là-bas par Antoine, d'origine simple, qui a du mal à vivre son homosexualité dans un milieu populaire, et ne peut se montrer au grand jour tel qu'il est que le jour du carnaval de Dunkerque, quand tous les hommes peuvent s'habiller en femmes.

Antoine fraternise pendant une scène très "roots" pendant laquelle il mange une tartine de fromage "bio" (du fromage de chèvre des Andes et non du Maroilles qui est un produit plus conservateur) en buvant une tasse de café équitable. Il développe très vite une relation père-fils avec Philippe (les prolétaires sont tous cons, cela un bourgeois progressiste le sait, mais il est là pour les éduquer car lui sait beaucoup de choses), son géniteur s'est enfui quand il avait trois ans, et a été tué pendant le braquage d'une supérette à Roubaix (car bien sûr les quartiers populaires de Roubaix sont dangereux pour la critique con-cernée, encore un bon point de gagné). Bien sûr, le réalisateur intercale de longs plans des corons, sans figurants, la misère de ces quartiers ouvriers subissant la crise et la violence de la précarité dont la critique se veut bien sûr l'écho, un film devant "socialement" être utile. Une grève a lieu à la poste où travaille Antoine, qui soigne un alcoolisme profond enfoui durant des années, Philippe le soutient encore, et une nuit ils finiront dans le même lit Philippe découvrant son attirance pour les hommes. Mais il continue d'aimer Julie sa femme qui viendra les rejoindre et ils formeront alors une famille recomposée et heureuse.

On finit sur une scène où Philippe, Antoine et Julie sont face caméra et racontent leur nouvelle vie et leur travail social dans une association gaye et lesbienne de Lille.

Première photo : Antoine avoue son homosexualité à sa mère, deuxième, le nouveau couple se promène heureux dans les rues de Roubaix, ils discutent ici avec une dame réactionnaire, leur voisine, qui vient de les sermonner.

Avec tout ça, Dany Boon aurait raflé tout les prix aux Césars, mais bien sûr n'aurait pas eu beaucoup de spectateurs. Il faut savoir ce que l'on veut.

Ci-dessous une autre possibilité de dramatisation du film

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