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Panurge for ever

Publié le 19 février 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat
moutons_de_Panurge.jpgLe mouton existe depuis toute éternité dirait Vialatte, au moins depuis la création du monde, et on peut dire que ce n'est pas un charognard à l'absence de dents pointues que l'on peut constater dans sa gueule. Le troupeau de Panurge s'est agrandi depuis le XVIème siècle. Les prés où paissent les troupeaux ont fini par recouvrir le monde et les bergers se sont multipliés, chacun se disputant l'autorité du cheptel qui obéit selon ses caprices aux chiens de berger ou aux rapaces même qui les abusent. On donne l'illusion de se garder elles-mêmes à quelques têtes de bétail qui tentent vainement de ressembler aux loups ou aux aigles qui continuent de tournoyer en rond au-dessus, qu'elles ont plus de valeur en les montrant aux foires ou aux comices agricoles, mais quand la tonte arrive, tout le monde y passe. La tonte est très facile, les moutons y sont conditionnés dés leur plus jeune âge. Et quand il s'agit d'en cuire un ou deux, on choisit en premier les têtes de bétail les plus dociles qui s'en vantent jusqu'au four. Certaines poussent la folie jusqu'à s'y préparer Roubion1.jpgen se laissant engraisser. Le troupeau bêle souvent devant les trains qui passent, surtout devant les trains de luxe qui transportent les bêtes sélectionnées par le fermier et qui font son orgueil. Ces bêtes sélectionnées ont malgré tout une certaine autorité, quand l'une bouge les autres suivent, même quand il s'agit de se jeter du haut d'une falaise. Le fermier Panurge élève également des lemmings maintenant, des animaux qu'il vend pour sa fourrure et qui lui coûte un peu moins cher. Le lemming rêve de ressembler au mouton dont il a déjà l'instinct grégaire. Comme un curieux bipède qu'il aperçoit parfois en bas sur la plage quand il se prend son élan pour se jeter dans l'océan. L'homme se déplace également en troupeau, comme on peut le voir sur la photo en bas à droite qui montre un départ en vacances. Les troupeaux admirent tous leur berger, ils l'idolâtrent. Ils le portent au nadir de leurs aspirations car les troupeaux aiment bien être dominés et méprisés. Parfois, il arrive que des têtes de troupeau veuillent sortir du rang, mais on les considère bien vite comme des bêtes malades et le vétérinaire a tôt fait de les euthanasier

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