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Pitié pour les cochons

Publié le 27 février 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

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Merci à l'insulteur tellement humble et modeste qu'il en a oublié son nom qui m'a inspiré cette note...

On dit beaucoup de mal des cochons, ces pauvres bêtes qui zoologiquement, comme dirait Vialatte, existe depuis toute éternité. On les dit obsédés sexuels, sales et goinfres. Et quand on veut insulter quelqu'un on pensera aussitôt à le traiter de porc ou de sale porc, voire de gros porc pour stigmatiser la condition de petit gros qui est très mal vue de nos jours hygiénistes. On se souvient même de cet épisode décrit dans l'Évangile selon Saint Mathieu dans lequel Jésus met l'esprit de démons dans les corps de cochons qui paissaient tranquillement par là, à leur demande (des démons), et qui vont se précipiter ensuite dans le lac de Galilée juste en dessous, j'ai vu l'endroit c'est une haute falaise à pic au dessus de l'eau, pauvres bêtes. Ailleurs dans les Écritures, Le fils prodigue, quant à lui en est réduit à manger ce que lui laisse les porcs pour survivre. Pourtant, c'est l'homme, du moins en Occident, qui oblige la pauvre bête à se vautrer dans la boue et se rouler dans sa propre fange, et à manger ses restes.

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L'on pousse même le vice, comme rappelait Desproges, à représenter un cochon hilare armé d'un couteau de boucher pour indiquer la devanture d'un charcutier vendant jambons et saucisses. Dans d'autres contrées, sous d'autres cieux, le cochon est un animal domestique comme les autres que l'on tient en laisse, que l'on bichonne, et on y sert de très bonnes escalopes d'épagneul voire d'excellentes côtes de siamois en friture. Le cochon y est très propre car on lui donne les moyens et la possibilité de l'être sans le forcer à l'humiliation de se vautrer dans ses excréments, car assurément le cochon n'est pas du tout coprophile. Dans le cochon, tout est bon, et je ne parle pas seulement de sa viande qu''il nous offrirait quand même fort généreusement si on le lui demandait, c'est un animal bon vivant, dont le teint rose dit le sens de la convivialité et de la bonne tablée. Parfois, même l'oeil du cochon pétille quand il voit passer de jolies suidées pourvues de cuissots appétissants. Certains peuples se privent sottement de sa chair succulente car la peau rose du cochon ne supporte pas le soleil, c'est fort dommage, on l'accuse même alors d'avoir les mêmes sabots que Belzébuth alors que chacun sait que le porc est le compagnon préféré de certains ermites, anachorètes et autres sages, comme par exemple Saint Antoine qui ne sombre pas dans la tentation avec l'aide du tendre animal.

Bien sûr, cochon qui s'en dédit !


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