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La satire c'est pas bô !

Publié le 03 mars 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

B550.jpgHier soir, je regardais une émission de France 2 sur la satire, avec Anne Roumanoff, Stéphane Guillon, Éric Naulleau et Denis Cespédès (assez agaçant quant à lui) entre autres. On nous a repassé pour la énième fois du Desproges et causé encore et toujours de Coluche et Bedos, fort bien mais maintenant en 2009, il serait temps de réinventer la satire. On s'y demandait gravement si la satire n'est pas nocive au politique, et si trop de dérision n'était pas dangereux. Ces braves gens ont oublié les polémiques de l'Assiette au Beurre" à gauche et celles instillées par "l'Action Française" à doite, ou les chansons de Béranger, à côté desquelles Coluche est un aimable plaisantin, c'était autrement plus saignant et satirique. Je la trouve pour ma part finalement très révérencieuse aujourd'hui car il est des vaches sacrées auxquelles on ne touchera jamais : pas touche à l'Islam, à De Gaulle, à Obama, aux mythes historiques français, à Che Guevara etc....caricature-obama.jpg

Il y a aussi la satire "engagée" qui veut défendre une cause et le fait souvent avec non pas de gros sabots mais carrément avec des chaussures orthopédiques. C'est souvent pénible car ce genre de satiristes se prend très au sérieux et refuse que l'on se moque de ses convictions parfois bien naïves, dont un anti-racisme qui ferait pouffer les gamines des douze ans ou la soutien à des hommes providentiels qu'il défend : en ce moment Hugo Chavez, un tyran ordinaire et populiste s'il en est, est à la mode. Je préfère la satire "dégagée", celle qui ne respecte aucune vache sacrée ni idéologie, ou le con-sensus ambiant autour d'un vague humanitarisme confortable. Partant de ce lieu commun, le satiriste, le provocateur (je n'aime pas tellement ce terme qui sent son état policier, auquel rêve tous les idéologues).

Le satiriste engagée et l'homme (ou la femme) de pouvoir ont ceci en commun qu'ils ne supportent pas une seconde la dérision ou la raillerie surtout quand elles leur sont infligées à juste titre bien évidemment. Ils jouent la connivence, le rire, ou parfois le mépris mais une fois le paravent de leur confort intellectuel dégagé on se laisse aller à la colère, la haine et la vengeance à l'égard du moqueur ou du provocateur. L'un de ces satiristes engagés, d'ailleurs ce sont plutôt des moralisateurs ces petites personnes, n'avait pas supporté qu'un type écrivant dans le même journal que lui ait publié un texte se moquant, avec assez de justesse il est vrai, de lui dans la défunte revue "Cancer". Il a tout fait pour que le moqueur soit viré et a obtenu gain de cause.  Et les textes qu'Éric Naulleau a écrit avec Pierre Jourde sur la littérature actuelle française, pourtant toujours argumentés et courtois, et n'attaquant jamais les personnes, sont considérés comme méchants et cruels.


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