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Dossier LIRE "Comment se faire éditer" (et comment prendre les wannabes pour des imbéciles!)

Par Lise Marie Jaillant


Le dossier "Comment se faire éditer" du magazine Lire, c'est le marronnier du printemps: tous les wannabes se précipitent dessus, lisent le dossier avidement, ... et repartent avec l'impression qu'on les a pris pour des cons.

Les éditeurs sont "comme des chercheurs d'or", anxieux de "rater quelque chose", à l'affût de la "perle rare"? "Tous les manuscrits arrivés par la poste sont lus"? Bah voyons! Si vous connaissez un minimum le milieu hostile de l'édition, vous saurez que les manuscrits d'inconnus sont traités comme des déchets. Vous voulez un exemple? Lisez ce post pour connaître le sort que mon manuscrit a connu chez Léo Scheer.

Ce qui me sidére dans ce discours de l'éditeur en "chercheur d'or", c'est le manque d'humilité de ces petits rois de Saint-Germain. Ils savent parfaitement que la réalité de leur travail est très différente: être éditeur consiste essentiellement à gérer des relations avec les auteurs et journalistes "hype" du moment. Et effectivement, il faut savoir publier le bon livre au bon moment. Mais dans ce système parisien/ médiatique, le wannabe inconnu de province n'a pas sa place.

Certains le reconnaissent dans les pages même de Lire. Ainsi, l'éditrice Sabine Wespieser affirme n'avoir jamais retenu un seul livre arrivé par la Poste, préférant un "réseau de complicités littéraires, de recommandations d'amis qui connaissent [ses] goûts et [son] catalogue".

Au moins, Sabine Wespieser est plus honnête que d'autres. Jugez plutôt:

  • Guillaume Robert, éditeur chez Flammarion, affirme sans rougir qu'Audrey Diwan a été "découverte en ouvrant le courrier". Audrey Diwan? Le pilier de soirée, ex-attachée de presse de Joey Star et maintenant éditrice chez Denoël? Si elle a envoyé son roman par la Poste, c'est qu'elle avait la flemme de se déplacer jusqu'à la place de l'Odéon. Qu'elle soit présentée comme une wannabe inconnue, franchement, il y a de quoi se marrer!
  • Idem pour Richard Andrieux, que l'éditrice Héloïse d'Ormesson a soit disant découvert par la Poste. Rappelons que Richard Andrieux est un auteur-compositeur, qui, à sa grande période, a fait l'Olympia. Et il connaît bien le milieu littéraire (Eric Genetet, notamment).

Le dossier Lire pose quand même une grand question: jusqu'à quand les wannabes vont-ils continuer à gober ce bourrage de crâne? Jusqu'à quand allons-nous accepter qu'on nous prenne pour des imbéciles, incapables de taper "Audrey Diwan" ou "Richard Andrieux" sur Google? Il serait temps que ces éditeurs germanopratins se rendent compte que sans wannabe, il n'y a pas de littérature digne de ce nom...

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