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Paris pourrait commencer au Havre

Publié le 08 avril 2009 par Havrais

"Paris, Rouen, Le Havre, une seule ville dont la Seine est la grande rue", considérait Bonaparte en 1802. Deux cents ans plus tard, l'architecte Antoine Grumbach rêve de donner vie à cette idée et la propose à Nicolas Sarkozy dans le cadre des réflexions sur le Grand Paris.

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"Toutes les grandes métropoles mondiales ont un port", affirme Grumbach, en présentant ses plans à l'AFP dans ses bureaux quai de Valmy à Paris. L'architecte veut rompre avec le développement de la métropole parisienne par cercles concentriques qui risque de conduire à "l'asphyxie".

La Vallée de la Seine, avec ses villes petites ou grandes, ses industries, mais aussi ses zones agricoles et ses espaces naturels, doit devenir "le facteur d'identité", "le grand monument de cette métropole du XXIème siècle", considère Grumbach.

La clef de son projet réside dans le "tressage des mobilités", grâce à l'amélioration des liaisons ferroviaires, fluviales et routières. "Depuis la patinette jusqu'au train à grande vitesse", il faut pouvoir se déplacer sans peine, souligne l'architecte.

Il s'est donné pour objectif de mettre Le Havre à 55 minutes de La Défense en train, alors qu'actuellement il faut plus de 2 heures pour rejoindre le port distant de 200 km, sans compter les retards fréquents sur cette ligne.

Le chef de l'Etat livrera le 29 avril sa vision de l'avenir à long terme de l'agglomération parisienne. Dix équipes d'architectes, parmi lesquels l'Américain Richard Rodgers, Roland Castro, Jean Nouvel, Christian de Portzemparc et Antoine Grumbach, ont réfléchi pendant des mois à la question et remis leurs idées mi-février. Nicolas Sarkozy disposera aussi des recommandations de Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé de la région capitale.

Le projet "Seine métropole" de Grumbach est soutenu par le maire du Havre Antoine Rufenacht, qui y voit une "opportunité" de développement pour sa ville mais aussi un "enjeu national". Actuellement, le principal débouché maritime de Paris, c'est Anvers, en Belgique, déplore-t-il, lors d'un entretien à l'AFP à la mairie du Havre.

Pour relever le défi de la mondialisation, l'Ile-de-France doit disposer d'un port d'envergure mondiale, estime l'élu UMP, qui relève que 85% des échanges internationaux se font par la mer.

A ses yeux, le projet Grumbach n'entre "pas en opposition" avec les autres projets d'architectes soumis à Sarkozy. Mais il faudra aussi convaincre Rouen, dirigée par les socialistes, de l'intérêt du projet. Pas si simple car les deux villes ont une longue tradition de rivalité.

Si l'on écoute certains Havrais en tout cas, le projet Grumbach pourrait apporter une dynamique bienvenue à leur ville. "Si l'on pouvait recapter le trafic français de conteneurs qui part actuellement vers les ports nord-européens, cela donnerait beaucoup d'emplois", estime un cadre d'une société de manutention portuaire. "Le port est totalement sous-utilisé, la partie fluviale aussi", selon lui.

Installée dans une chaise longue, sur le front de mer, Danielle Robillard, est séduite par l'idée d'améliorer les liaisons ferroviaires. "Si ça peut permettre aux jeunes d'aller trouver du boulot à Paris, c'est bien", déclare cette retraitée.

Grumbach, qui essaie également de sensibiliser le maire (PS) de Paris Bertrand Delanoë à son projet, souligne qu'il "ne travaille que pour 2050". "Ca va prendre 40 ans", estime ce professeur qui suggère d'organiser une "exposition universelle pour susciter l'adhésion de la population".

Par Pascale MOLLARD-CHENEBENOIT - AFP. Photo JeVisAuHavre.com.

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