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Le développement de l’intelligence économique en Tunisie

Publié le 19 avril 2009 par Jeromebondu

Suite à la conférence de M. Alaoui sur le développement de l’intelligence économique au Maroc, Damien Poincloux, qui a assisté à la conférence, m’a proposé sa vision du développement de l’IE en Tunisie. Pays dans lequel il a eu l’occasion de faire un stage en IE récemment.
J’en profite pour dire que M. Poincloux est à la recherche d’une opportunité d’emploi ! Vous pouvez le joindre à cette adresse mail :
dpoincloux45 (at) orange.fr
Jérôme Bondu

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Suite à l’intéressante intervention de M. Alaoui sur « l’Intelligence économique et Maroc », je me permets de vous envoyer ces quelques remarques.

Nous pouvons voir que l’IE retient l’attention d’un nombre grandissant de pays, notamment en voie de développement économique. Mais si le royaume chérifien l’a mis en place depuis longtemps, ce n’est pas le cas de tous, notamment de la Tunisie.

M’intéressant à l’économie maghrébine et ayant eu l’occasion d’effectuer un long séjour en Tunisie, j’ai pu y observer la place de l’intelligence économique.

Intérêt tardif : Les premiers indicateurs d’intérêt (visibles) semblent remonter au début 2008. Pourquoi si tardivement ?

On peut hasarder que l’orientation de l’industrie vers la sous-traitance, le tourisme low-cost et les financements internationaux, aient freiné l’adoption d’une gestion proactive des informations !

L’intérêt qui apparaît dans les institutions publiques est souvent poussé par des représentants de celles-ci à titre individuel. Comme il m’a été donné de voir au sein du Cepex, institution devant conseiller et accompagner les entrepreneurs tunisiens sur les marchés extérieurs.

En outre, dans un pays où l’Etat « assiste beaucoup », payer un service reste difficile et implique une culture du changement.

Et puis comme en France, il y a une interrogation sur le « retour sur investissement » de la démarche.

Les besoins sont néanmoins réels : Il y a eu un exemple récent du manque de veille stratégique et de prospective au niveau de l’agriculture. La Tunisie comme ses voisins algérien et marocain investit beaucoup sur l’agriculture pour développer son économie. Et lors d’une conférence, les représentants européens ont indiqué au public tunisien que des accords avaient été signés avec l’Egypte, et que la Tunisie pourrait effectuer les mêmes démarches. Le problème est que l’Egypte, économie concurrente, prend une longueur d’avance, et surprend les Tunisiens.

Changement : Je n’ai pas détecté beaucoup de structures ayant mis en place une dynamique de veille. Toutefois, l’intérêt pour le sujet existe désormais, et ceci à tous les niveaux : que ce soit universitaire, au niveau privé (au sein de l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprise ou l’Ordre des Experts Comptables), ou au niveau public, notamment territorial (CCI de Tunis, …).

Le choix de se replacer dans le marché mondial, fait naître de nouveaux besoins en intelligence économique afin de se mettre en position de prévoir de nouvelles opportunités, d’élargir ses champs d’action, de créer un nouvel élan de croissance.

Comme pour le Maroc, il y a un travail d’adaptation de l’IE à la Tunisie, à ses besoins, objectifs et culture entrepreneuriale.

Un exemple d’appropriation : Suite à « la crise des subprimes », la Banque de Tunisie a mis en place une structure d’intelligence économique, pour anticiper les éventuels futurs décrochages des marchés financiers. L’initiative est intéressante, même si le marché financier tunisien n’est pas complètement intégré au marché financier mondial, donc peu sujet aux dérives. Cette cellule pourra être utile par exemple pour détecter de nouveaux placements à des investisseurs refroidis par les erreurs de monde boursier.

Rôle de la France : Lors d’un séminaire, une question concrète fut posée concernant l’appui possible de la France pour la mise en place de l’intelligence économique en Tunisie. Comme le Maroc, la Tunisie cherche à s’inspirer des travaux initiaux menés en France sur le sujet.

Des séminaires sur les outils disponibles (outils de veille) ont été organisés, mais semblent plus ouverts à des acteurs européens qu’aux acteurs économiques Tunisiens.

Comment adapter au mieux l’intelligence économique à la culture de l’information en Tunisie ?

La France a certainement un rôle à jouer en apportant un savoir faire dans le cadre d’une « coopétition » (coopération – compétition) intelligente !

Damien Poincloux

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