Magazine Culture

Copinage, bassesse et renvois d'ascenseur

Par Lise Marie Jaillant
Copinage, bassesse et renvois d'ascenseur
EDNY MACNY 090807 A
Originally uploaded by terence4gillian

Dans "Comment se faire des ennemis " de Toby Young, le narrateur/ auteur va d'échec en échec. Journaliste londonien semi-loseur, il reçoit un coup de fil du patron de Vanity Fair, qui lui propose de tenter sa chance à New York. Mais l'opportunité se transforme bien vite en occasion manquée. Car Toby est le roi de la gaffe politiquement incorrecte et des situations embarrassantes. Voulant faire une blague à un collègue, il fait venir une strip-teaseuse dans les locaux très chics du magazine ... sans savoir que c'est le jour des enfants. Résultat: pleins de gamins en visite de découverte "où travaillent papa/maman" tombant nez à nez avec la strip-teaseuse !

J'ai absolument adoré ce livre, du titre ("How to Lose Friends and Alienate People "), à l'humour British, en passant par les parties de réflexion. Toby Young n'a visiblement pas peur de combiner le gros comique à la Nick Hornby à des passages plus intello. Ainsi, la réflexion sur le système de copinage dans la presse glossy m'a bien sûr enchantée. Débarquant en outsider dans un milieu dont il ignore les règles, Toby Young est stupéfait du niveau de bassesse des journalistes de Vanity, prêts à tout pour obtenir un article avec une star. Au fond, il n'arrive pas à réconcilier sa vision du journaliste -impertinent, ne respectant rien ni personne - et la réalité de larbin des employés de Vanity Fair.

De plus, l'absence de méritocratie finit vite par lui taper sur les nerfs. Dans une Amérique où les puissants ont bonne conscience - puisqu'ils sont successful, c'est parce qu'ils sont meilleurs que les autres - voir l'envers du décor a quelque chose de révoltant.

Et bien sûr, je n'ai pas pu m'empêcher de penser au milieu hostile de l'édition. Quand j'ai débarqué avec mon roman à publier, je croyais vraiment que les écrivains pouvaient dire ce qu'ils pensaient. Quelle erreur! Un écrivain parisien est plus proche du laquais que du libre-penseur. Avec tous les puissants à flatter, et les ascenseurs à renvoyer, la liberté de parole est très, très secondaire. Quant à la méritocratie, laissez-moi rire. Si le niveau des écrivain publiés est supérieur à celui des wannabes, il y a du souci à se faire pour l'avenir de la littérature française...


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Lise Marie Jaillant 301 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossiers Paperblog

Magazines