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L'indifférence des chrétiens d'Occident face aux chrétiens d'Orient - entretien avec Amin Maalouf

Publié le 15 mai 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

Cet entretien paru dans "le Temps", journal suisse, m'a été gentiment indiqué par Daniel Fattore, j'en publie le début. Il est d'actualité suite au voyage du Pape en Terre Sainte. Nous avons tout à gagner les chrétiens d'Orient car ce sont des vecteurs de paix au Proche Orient.

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Y aura-t-il encore des chrétiens au Moyen-Orient dans vingt ans? Bien des observateurs en doutent. Tous les chrétiens ne risquent pas leur vie à rester chez eux, comme en Irak. Mais partout la situation devient pour eux de plus en plus inconfortable (LT 13.05). Nous allons donc probablement assister à ce spectacle inouï: la disparition, presque d’un seul coup, dans le berceau même du christianisme, de communautés qui ont résisté à tout depuis deux mille ans.

Dans son dernier livre *, Amin Maalouf, le magistral passeur entre Orient et Occident, analyse les causes de cette accélération de l’Histoire. Il affirme aussi que la tragédie des chrétiens d’Orient est exemplaire du mal qui menace notre espèce: soit l’humanité apprend à mieux gérer sa diversité, soit elle va à sa perte.

Le Temps: L’exode des chrétiens irakiens se poursuit. L’archevêque chaldéen de Kirkouk accuse l’Europe, en les accueillant, d’encourager un mouvement qui aboutira à vider sa terre de toute présence chrétienne. Le terme d’«épuration ethnique» n’est pas prononcé, mais c’est tout comme. Que faire? Faut-il fermer la porte aux réfugiés?

Amin Maalouf: Ce qui arrive aux chrétiens d’Orient m’attriste profondément. Je respecte infiniment l’attitude des prélats qui restent là-bas et qui disent à leurs ouailles: notre devoir est de ne pas quitter la terre de nos ancêtres. Mais je serais outré si les Européens disaient à ceux qui sont persécutés: ne venez pas chez nous, votre devoir est de rester sur place. Les personnes ne sont pas la propriété de leur communauté. Y appartenir est pour elles un droit, pas un devoir. Et si elles éprouvent le besoin de demander l’asile, le devoir des pays occidentaux est de les accueillir. D’autant plus que la responsabilité de l’Occident est lourde dans l’accélération du processus de disparition de ces communautés.


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