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Le punk pour les nuls - "Si on reparlait de Pacadis ?"

Publié le 20 juin 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

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Je ne sais pas si ce texte est punk, on s'en fout, il a deux ou trois choses à dire...

S'il y a un truc qui me fait marrer quand je navigue sur les sites et blogs qui font dans le cultureux, c'est que certains se revendiquent du punk, voire "punk à diplômes", attend, ce sont des voyous mais des voyous qui ne sont pas n'importe qui, tu vois, de la khâgneuse en crise d'adolescence tardive au quadra autodestructeur. Certes, ils écrivent parfois très bien, ont souvent du talent mais ce sont des jeunes gens bien proprets quand même. Ce n'est pas grave d'être un bon garçon ou une bonne fille, il ne faut pas en tirer un complexe mes mignons, mais c'est quand même assez ridicule. Dans un pogo, ils ne tiennent pas deux minutes. Et sans la carte bleue de Papamaman, sans leur intérieur bourgeois et leurs goûts de vieilles dames, ils ne survivraient guère ces enfants sages.

In 1977, "our time is up"...

1977, année rock. Il y eut le film de Spike Lee et avant, ce livre, sur cette date des plus symboliques. Pacadis était critique de rock doué, et insupportable en même temps, un peu comme Beigbeder qui fait d'ailleurs la préface de cette chronique des années punks. Le temps des sales gosses, des musiciens turbulents, provos, décalés, obscènes et dépravés, lucides sur la dégénérescence de la société, autant que mégalos, était venu, de Gainsbourg aux Clash en passant par les Sex Pistols. C'était l'époque des notables giscardiens et des Fender à fond dans le transistor pour lutter contre l'endormissement général. En plus de ce journal, qui me fait penser par instants aux livres de Nik Cohn ou Hunter Thompson, cet ouvrage est agrémenté d'articles de l'auteur sur les mondanités parisiennes de l'avant retour du fric-roi (qui l'est toujours).

Ce sont d'ailleurs des enfants très sages qui finiront par avoir raison de Pacadis, et le virer du "Palace" bientôt repris par des "managers" qui metteront quelques années à le couler. Ce livre est une sorte de gros doigt tendu aux "punks à diplômes" justement, qui sont du genre à aller démarcher le prolo, ou le sauvageon qui n'en rien à foutre car il sait bien que c'est du vent (rires : "on est des punks mais on est aussi pas rien, on a fait les grandes écoles mon bon meussieur"). Les punks avaient vu venir tout ça, quand les petits bourgeois ont commencé à copier leurs fringues, ils ont aussitôt décidé de s'habiller en costumes-cravates et de remettre un certain genre de classe à la mode, comme Debbie Harry. J'aime bien Pacadis, malgré toutes ses contradictions et le fait que finalement, il aimait ça l'or et le clinquant des bourgeois, mais il est tout à fait dans la tradition des Blondin et autres, un funambule à l'esprit plus grand que celui de ses contemporains.

Par ici on peut entendre Yves Adrien

Titre : Un jeune homme chic | Auteur : Alain Pacadis | Editeur : Denoël

Sur la photo, on reconnait Marie-France, Paquita de Paquin et Pacadis, je crois.

Les années 80 étaient bien entamées, mais Sapho restait dans l'esprit, regardez ci-dessous, c'était un peu trop évident "The Clash" ou les "Sex pistols", tu trouves pas ?


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