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"Moi je ne lis pas de romans, je lis des livres sérieux"

Publié le 30 juin 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

Maronne-Annick--la-lectrice.jpgDans le poste hier soir, écoutant un poste classique, voilà que j'entends l'invité de l'émission, dont il choisit les disques, répondre à l'interviouveur : "Non moi, je ne lis pas de romans, je lis des livres sérieux". Pour paraphraser Maître Follace, c'est marrant chez les cuistres (ou les imbéciles) cette manie de faire des phrases qui ne veulent rien dire. Comme un roman çà parle de choses imaginaires, comme ça ne parle pas du réel, comme ça ne parle pas de son nombril, ça ne l'interpelle pas quelque part : où ça ? Là, (voir fig 1). Les auto-fictions dont les auteurs nous assomment avec leurs obsessions sexuelles (ça se vend mieux), coprophiles, comme Marie Darrieusecq, ou simplement leurs névroses de pauvre petite bourgeoise (Angot), ont du succès pour ce genre d'olibrius, triste sire d'inculture et de vacuité. Ou alors les pseudo-témoignages chocs, de l'ex-star recyclée en dame-pipi qui vend l'urine des vedettes qui fréquentent les lieux d'aisance où elle officie (les chiottes quoi, les djeuns), ou de la fille de... qui nous explique que faut pas croire ce qu'on raconte, elle était très malheureuse dans son loft de 200 mètres carrés, ou encore les conseils de vie saine de telle ou telle ancienne gloire de la téloche ("Mes secrets minceurs" ou "Mon guide des vins" par Christine Bravo, les "bacs-roumes que je conseille" par Steevy). Quand on imagine, quand on invite les autres à rêver, donc à s'évader de la grisaille, ce n'est pas sérieux. Enfin, et pourtant je suis un "onaniste de sacristie" certifié conforme mais je ne supporte pas ces braves gens qui le regard exalté et les yeux illuminés balancent : " Moi la Bible (l'Évangile) me suffit". Alors que le roman, qui s'appauvrit le plus souvent, quand l'auteur n'a le talent de "non-fiction" ni de Truman Capote ou Norman Mailer, ou Don deLillo, et qu'il se colle seulement au réel le plus quotidien, le plus bêtement trivial, alors que ce genre de livre qui prétend coller au quotidien est nul ou anodin (cf : Anna Gavalda).


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