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La comédie continue... - D'Hénin-Beaumont à Londres

Publié le 07 juillet 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

march%C3%A9%20d%27h%C3%A9nin-beaumont.jpgCe dimanche, la comédie continue. On agite le spectre du nazisme, on nous refait le coup de la patrie en danger à Hénin-Beaumont. Et puis rien. Personne ne se demande pourquoi les électeurs votent pour Marine le Pen, personne ne se pose de questions. On les montre comme d'affreux ploucs racistes sans cervelle, des franchouillards de base fans de Djonny, le bob vissé sur le crâne, la gitane maïs au bec, le cauchemar du bobo. A mon avis, c'est peut-être plus complexe, et plus simple en même temps : la vieille dame qui se fait piquer son sac six fois dans l'année, elle en a marre qu'on lui fasse le coup de la France Bennetton, du "tout le monde il est tellement sympâââ", elle sait bien que l'on n'est pas encore vraiment dans la France multiculturelle quand des jeunes femmes s'en-closent volontairement dans une prison de tissu, reniant volontairement leur humanité. On nous parle encore d'éducation, et de pédagogie là-dessus comme Anne Hidalgo qui est ou très naïve ou très cynique ; le commerçant qui se fait braquer pour la vingtième fois en deux ans il finira par partir si les voleurs ne sont pas mis au frais. Les petits caïds de cité qui terrorisent les quartiers sont des miliciens aussi violents que ceux des totalitarismes, compensant leur inadaptation à la société en se vengeant sur les femmes et leurs gosses, leur origine on s'en fout à la rigueur, ça ne règlera pas le problème. Je me souviens pour ma part de cette éducatrice de gôche me faisant l'éloge de l'intégration, tout ça, et puis dix secondes plus tard me conseillant de ne pas prendre telle classe "parce qu'il n'y a que des maghrébins", deux poids deux mesures, et puis on a peur pour les pneus de la bagnole. Il y en a marre de cette hypocrisie.

Pendant ce temps, à Londres, des parlementaires se sont fait épingler par la presse pour leur malhonnêteté, certains poussés à la démission. Ils se faisaient rembourser l'une ou l'autre fantaisie par l'argent de l'état. Chez nous les mêmes ne font rien, n'essaient pas de règler les problèmes, s'en tiennent à leur clientèle électorale, se font payer autant de fantaisies sans avoir à les justifier (et gare, celui qui demande des comptes sur l'utilisation de l'argent des citoyens par ses représentants est un salaud de poujadiste, même si personne ne sait plus qui était Poujade, peu importe, les références politiques baignent en France depuis 45 dans un présent perpétuel commode) et l'électeur ou cochon de payant les remet en selle quand ces hypocrites sonnent le tocsin à la "télé", balancent des lieux communs, déversent de la guimauve par tombereau, ressassent toujours et encore les mêmes clichés idéologiques jusqu'à la nausée, font la leçon à l'électeur dont ils se targuent encore d'être les lumières, favorisant par ce comportement des Marine le Pen. Cela m'a rappelé avril 2002 et le fameux "sursaut citoyen" que l'on attend toujours, maintenant on a l'impression que "sursaut citoyen" voulait surtout dire "déconnez pas, continuez de voter pour nous, on perdrait de bonnes retraites, on fera rien, on continuera à se coopter entre nous, à détricoter le service public mais on vous servira toujours la soupe de mièvreries qui vous plaît tant".


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