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Beigbeider sur les rails pour la rentrée

Publié le 21 août 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

Je viens de lire un article sur lui, et sur un petit scandale probable littéraire de rentrée, dans les z-inrocks qui me donne, comment dire, le tournis. L'auteure de la chose constate avec surprise que les parents de Beigbeider étaient de droite et aristos, catholiques, et courageux car ils cachaient des familles juives pendant la Seconde Guerre, comme si une telle famille ne pouvait être que collabo. On l'a vu avec Maurice Sachs, les salauds ne sont pas toujours là où on les case commodément. C'est un peu comme jeter l'anathème sur le Pen pendant vingt-cinq ans en feignant de croire que ça changerait quelque chose et ne pas voir que ses idées sont maintenant appliquées à une large échelle. Il y a une chose qui m'étonne c'est que cette journaliste, Nelly Kapriélan, fait partie de ces personnes pour lesquelles il n'y a pas de vérité révélée, encore moins de morale bourgeoise, mais il y a donc quand même un Bien, avec un grand « B », et un Mal, avec un grand « M », à savoir tous ceux qui ne partagent pas les mêmes dogmes en littérature ou en politique : Engagé tu seras quitte de la littérature te ficher complètement, des minorités tu parleras, n'importe où tu caseras le sujet, Duras et l'autofiction tu porteras aux nues, et j'en passe.

Ensuite, elle reproche à l'écrivain de manquer de courage car il serait question qu'il sucre deux pages où il s'en prend au procureur du tribunal de Paris qui lui aurait fait des misères du fait d'un rail de coke malencontreusement sniffé sur une bagnole, une paille si j'ose dire. Il y a une différence entre le courage de cacher des juifs pendant la guerre et celui de critiquer les empêcheurs de sniffer en rond, ce qui est un tout petit peu plus futile. Et un dandy s'en fout de l'autorité qui lui reproche ses excès. Brett Easton Ellis, Jay McInnerney se fichent complètement de savoir ce que le bourgeois serreur de fesses effaré ou le bien-pensant équitable pense d'eux. Et cet aura de scandale ne donne pas forcément de qualités supplémentaires à leur écriture. Beigbeider est anodin à côté des deux précédents, encore un peu plus si on le compare à Don DeLillo qui s'impose par sa seule écriture. Il ne manque pas grand-chose à l'auteur djetsetteur pour prendre une autre dimension, ou si, le courage de dépasser tout ce petit milieu littéraire consanguin français, et celui de prendre enfin confiance en soi car finalement c'est d'un manque d'assurance dont il souffre, se cachant derrière des poses parfois agaçantes. Pour Nelly K. c'est très mal de dire que les écrivains anglo-saxons sont meilleurs que les français, elle est donc à la fois bobo et franchouillarde, alors que c'est le cas, les auteurs américains générant par leur travail un renouvellement du roman qui prend d'ailleurs appui sur le polar ou la Science Fiction, Ballard en particulier, et ce que l'on appelle le genre en général. C'est dommage cette attitude dogmatique sans nuances de Nelly et ses semblables, car c'est justement ce qui éloigne immanquablement la littérature du plus grand nombre, celle-ci devenant progressivement réservée aux seuls initiés, ceci ajouté au mépris de la culture qui devient la norme dans notre société.


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