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Le Cinéma de A à « bis »

Publié le 28 août 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

à propos de « Les classiques du Cinéma Bis » de Laurent Aknin et Lucas Baldo

aux éditions Nouveau Monde

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Les Trissotins du cinéma, les petits marquis de la cinéphilie qui maintenant revendiquent le bis après l'avoir méprisé, oublient souvent une chose, le cinéma est un art forain qui doit dépayser le spectateur, créer de l'évasion même si c'est du toc et parfois de la magie, de la poésie et de l'enchantement, ou à l'inverse, de l'horreur, de la peur, des frissons, voire même parfois un peu de réflexion. Et c'est donc un art populaire au sens le plus noble, et un art populaire vivant.

Il y a toujours eu les films financés correctement, filmés par des professionnels accomplis et dans le système ou pas, ayant ou non de l'ambition, et puis il y a toujours eu des tâcherons, à qui il arrive d'être géniaux, entre deux nullités, qui ont tourné en quatrième vitesse des séries « B » dans lesquels les murs tremblent quand un personnage claque une porte mais ce n'est pas si grave car on sait bien que c'est du cinéma. C'est ce que ne comprennent pas les fabricants d'effets par ordinateur, même photo-réaliste, le spectateur sait bien que c'est « pour de faux », autant que les étincelles jaillissant de la fusée de Flash Gordon avec Buster Crabb, excellent serial de 1939.

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Et puis de toutes façons, les séries « A » sont toute devenues des séries « B » surgonflées, mais sans génie ni la charge transgressive que l'on y trouvait auparavant, et sans le talent qu'y met Fritz Lang dans « City Heat », avec Gloria Grahame, ou Billy Wilder dans « Assurance sur la mort », deux métrages qui sont des « B movies ». Comme dans les feuilletons du XIXème siècle, on se moque des conventions en vogue, des petits bourgeois, des hypocrisies. Mine de rien, un film comme « Deep Throat », que ses artisans eux-mêmes considèrent comme une bouse, Harry Reems ou Gerry Damiano, à regarder l'excellent et passionnant documentaire sur ce film, est tout aussi représentatif des années 70 et leur permissivité que les films de Bogdanovich, entre autres, ou ceux de Scorcese ou de tout « le Nouvel Hollywood » (note personnelle : Beaucoup de banquiers ou de responsables politiques, dont certains s'émurent de l'immoralité du film, Nixon entre autres qui en fit un thème de sa campgne, ont peu ou prou les mêmes talents que Linda Lovelace, et la même excellence dans l'acte qui fait le sujet du film, et sont capables de beaucoup plus de bassesses comme le montre très bien le documentaire, hilarant, consternant et fabuleux car flamboyant).

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Il y a une infinité de genre dans le « Bis », de l'horreur sadique à l'horreur soft en passant la remise au goût du jour de l'horreur gothique avec la série des Dracula de la « Hammer » avec Christopher Lee, les deux premiers étant remarquables, ou des « Frankenstein » avec Peter Cushing puis Michael Gwinn, les pornos politiques, les polars érotiques, les films ultrapops comme « Danger Diabolik » qui aurait eu le droit d'être classé comme une série « A » à mon sens, les pseudo-documentaires choquants, les films de cannibales, les copies de « Mad Max » ou « la Guerre des étoiles », les « Muscle movies » produits en série par la France et l'Italie dans les années 60, les « bis » intellos avec les cingleries de Jean Rolin, les folies plus « happening » que films dont « What a Flash » de Jean-Michel Barjol, les curiosités comme ce film « de pensionnat de jeunes filles », ingénues libertines comme il se doit, dont la « directrice » lesbienne est jouée par Jean-Claude Dreyfus (il s'avère que c'est un homme recherché pour meurtre, la morale est sauve à la fin), les westerns spaghettis d'horreur, dont la série des « Django » avec sa mitrailleuse, les westerns spaghettis révolutionnaires, dont la matrice est « Il était une fois la révolution », les parodiques qui commencent avec « Mon nom est personne » et dégénèrent avec la série des « Trinitas », les films de Science-Fiction avec has-been, les films de monstres, ceux de vampires gays ou d'infirmières se faisant trucider sous la douche, les sottises post-apocalyptiques dont le pire, ou le meilleur, reste sans conteste "Virus Cannibale" de Bruno Mattei, les films de prison de femmes, de camps de travail de femmes dont la série des "Ilsa" (par ici la bio de son interprète : Dyanne Thorne dont on voyait les affiches des films partout dans les années 75,76)....etc

Je trouve cependant que cette encyclopédie n'est pas tout à fait complète car il manque de nombreux polars des années 50, des films d'horreurs de débutants géniaux comme Sam Raimi ou Peter Jackson, et on y trouve peu de films asiatiques pourtant très importants quant au « bis », un seul « kaiju eiga » (ou film de monstre) y est mentionné. Je trouve qu'il est peu question des films de SF "psychotroniques" (films de martiens ou d'extra-terrestres à gros cerveau). On n'y trouve pas un des sommets grotesques du « bis », « Incubus », tourné en 1965 et en esperanto, et un des chefs d'oeuvre qu'est « The Wicker man » racontant une histoire étonnante et d'une poésie sans pareil.


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