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La vie comme dans un feuilleton – Torrents d'amour

Publié le 29 août 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

drwho.jpgComme le docteur Who, il y a un univers entier entre toi et moi, et pour communiquer je serais obligé d'utiliser l'énergie d'une supernova. Comme lui, je souris, j'ai l'air heureux mais je suis seul et perdu. Je voyage dans le Tardis en imagination, franchissant des galaxies, visitant des bibliothèques géantes, qui ont la taille d'une planète et dont les ombres sont mortelles, discutant avec un être millénaire d'une sagesse telle qu'il pardonne tous les égarements des êtres humains qui sont tout aussi faibles de ce point de vue en 2009 qu'en l'an 5 Milliards et trois ans. Le docteur a l'air si juvénile et les yeux si vieux, comme les tiens, me semble-t-il, comme tous ceux des amours que l'on a perdues. Je suis comme lui quand il perd Rose, derrière un mur immense, à guetter un signe, une parole. Le docteur sait bien qu'il finit par toujours perdre ceux qu'il aime, qu'il doit les laisser derrière lui. Comme Sam Beckett il peut rectifier le passé, il suffirait parfois de toutes petites choses.

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Comme Jarod, qui peut malgré tout adopter n'importe quelle personnalité et se fondre dans tous les milieux, et comme Greg House, je ne suis pas très doué dans mes relations avec les autres. Comme je suis vulnérable, je ne peux m'empêcher de me protéger en élevant une cuirasse de sarcasmes, d'humour caustique et de dérision. Jarod réserve toute sa colère pour les méchants, est toujours ému par l'injustice, et punit ceux qui le méritent vraiment, ce qui arrive rarement dans notre monde, moi je suis comme le docteur diagnosticien du Plainsboro Hospital, je n'en suis pas capable, voyant les faiblesses surtout, y compris les miennes qui me révoltent encore plus. Bien sûr, je ne suis pas certain d'être aussi intelligent que l'un et l'autre qui sont deux hommes très intelligents, et deux gosses quant à leur affectivité. House préfère que l'amour de sa vie le quitte pour un autre car il n'est pas sûr de mériter qu'on l'aime, et est perdu par son ironie.

Et comme House, mon corps trahit ma vulnérabilité, mais je l'accepte.

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Il m'arrive de rêver être aussi riche et de réussir aussi bien que Christian Troy et Sean MacNamara, de séduire les femmes quasiment en claquant le petit doigt, de conduire des bolides rouges ou verts sur les autoroutes de Miami, d'avoir des problèmes compliqués. J'aimerais presque, quand je n'aime plus du tout l'humanité, quand le monde ressemble à un cauchemar terrifiant sous un soleil de plomb, être Escobar, le trafiquant de drogues qui est certes un salaud fini mais aussi l'être le plus lucide qui soit qui choisit le mal en sachant très bien ce qu'il fait, qui choisit d'entretenir l'iniquité du monde parce que c'est comme ça que cela fonctionne, pour que quelques uns soient insouciants. Il finit par révéler aux deux chirurgiens toute la vanité et toute la vacuité de leurs vies, de ce qu'ils tiennent pour indispensables et indestructibles, et qui n'est que cendres. Somme toute, c'est un salaud moraliste.

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Plus jeune, je croyais que l'amour était comme celui de François Vidocq pour la baronne de Saint-Gély, une sorte de ping-pong verbal tellement drôle et charmant, où la séduction se réinvente sans cesse. J'étais persuadé que c'était comme la relation de John Steed avec Emma Peel, un jeu passionnant et qui donne un piment indispensable à l'existence. Mais ce qui est attirant dans un monde de rêve peut se révéler insupportable quand on se réveille, et pousser au désespoir. Les feuilletons sont trompeurs, on se sort des pires situations avec un tout petit morceau de sparadrap sur la tempe, tel le commandant Koenig qui ne garde aucune trace d'une explosion thermonucléaire à grande échelle, ou les naufragés de l'île mystérieuse sur lequel s'écrase le vol Oceanic 813 qui sont artistiquement décoiffés. J'aimerais bien que la prochaine fois que nous nous verrons ce soit comme la première, tu voulais que nous regardions la télévision, celle-ci a explosé, nous l'avions laissé mourir de sa belle mort et j'ai pu commencer à t'aimer.

À suivre...


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