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L'Enfer est pavé de bonnes intentions

Publié le 30 août 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

152635503_185a01ea1f.jpgCe matin, j'ai entendu deux intentions de prières surprenantes, pour le moins formulées de manière très maladroite, si ce n'est pas ça, ce serait encore plus affligeant. Dans la première, une bonne dame affirme que Jésus était un provocateur qui aimait bien choquer, oubliant que la provocation implique un certain mépris, même tout petit, des personnes, et également beaucoup de colère, deux choses en contradiction avec le Christ donc qui est pour les chrétiens vrai Dieu et vrai Homme. Dans la deuxième, elle nous dit que les Béatitudes étaient une suite de « douze proposition perverses », « renversant l'idée du Bien et du Mal ». Elle voulait peut-être dire par là que les Béatitudes vont à l'encontre des certitudes humaines. Ensuite nous eûmes droit à la tarte à la crème habituelle qui veut que la liturgie n'est rien que seule compte l'Évangile, la parole de Dieu : que faisait-elle donc à ce micro ? Que faisions-nous à la messe ?

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C'est malgré tout très instructif sur la conception qu'elle a et que la plupart des gens ont dans notre société matérialiste, égoïste et consumériste de ce qui est positif et de ce qui ne l'est pas : il est bien vu d'avoir de l'argent, de consommer, d'être respecté au sein du Rotary ou toute autre franc-maçonnerie de bourgeois provinciaux, d'être bien vu de la crémière et de la charcutière, de se soucier plus de sa réussite que de celle de ses proches ou de ses amis, de ne penser qu'à son confort. Les pauvres le sont par leur faute parce que « aide toi et le ciel t'aidera » et on ne peut les respecter. Bref, toutes choses qui sont en contradiction totale avec l'Évangile. Ne pas être consumériste, ne pas être matérialiste ou égoïste est donc perçu comme une déviance, du mouton de base de notre société jusqu'au « trader » en passant par les banquiers ou les idéologues libéraux de bazar qui parfois font presque rire, ainsi lorsque l'un d'entre eux se réclame du marxisme : Alain Minc (qui n'est pas la moitié d'un con, tout comme Nicolas Baverez). Je remercierai presque cette brave dame qui n'a aucune conscience de ses paroles, qui dit ce genre de choses en le concevant très mal et en l'énonçant encore plus mal. Mais l'Enfer est pavé de bonnes intentions.


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