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Le traitement médiatique d'Outreau et celui de l'affaire Polanski

Publié le 03 octobre 2009 par Amaury Watremez @AmauryWat

outreau_acquittes20060119.jpgJe me souviens des tous débuts de l'affaire d'Outreau et du traitement médiatique de la chose. On nous présentait le tout dans les journaux, à la télévision, à la radio, comme du Chabrol en plus trash : un ancien prêtre ouvrier forcément pédophile, un clerc de notaire malsain, des familles forcément "tuyaux de poèle" habitant en HLM donc forcément barbares et j'en passe. Je me souviens des réactions courroucées des politiques demandant plus de sévérité et surtout de surveiller beaucoup plus "ces gens là". On nous montrait également un petit juge courageux, seul garant de la lumière parmi tant de ténèbres et une justice courageuse. On ne parlait pas de présomption d'innocence, encore moins de souffrances pouvant expliquer l'affaire.

Or, il s'est avéré que les coupables étaient tous innocents. Pour s'en sortir, il a bien fallu un bouc émissaire, ce fût le juge Burgaud, qui n'a pas commis de faute quant à l'application du Droit mais n'a fait preuve ni de compréhension, ni d'écoute. C'était le jeune loup aux dents longues méprisant lui aussi "ces gens là" déjà coupables de leurs pauvretés diverses qui a pris sur son dos une responsabilité collective.

Tous parmi les innocents d'Outreau ont vu leur vie ou une bonne partie de leur vie complètement foutue.

Polanski, un cinéaste de grand talent, a il y a trente-deux ans violé une jeune fille de treize ans en lui administrant des drogues et de l'alcool. On est loin de Nabokov et encore l'auteur de "Lolita" dit bien clairement que la petite vit très mal sa fugue avec Humbert Humbert. La victime lui a pardonné, je ne pense pas cependant que si le réalisateur était en face d'elle, elle aurait la même attitude. En quoi l'application du Droit doit-elle être différente ? Pourtant on a vu fleurir les déclarations des uns et des autres, politiques et acteurs, réalisateurs, pour hurler au retour de l'Ordre Moral et demander la clémence pour Polanski, qui lui, certainement, n'est pas comme "ces gens là", d'Outreau. Et certes, s'il n'avait pas eu "la carte", il aurait eu beaucoup moins d'avocats improvisés dont certains narrent avec délices, et sans aucuns remords, leurs "ébats" avec des adolescents en Thaïlande ou ailleurs.

Post scriptum : Bien sûr l'honnêteté m'oblige à reconnaître en tant que chrétien et catholique que quand une affaire de pédophilie arrive dans l'Église l'attitude des évêques, en particulier en France, a toujours été lamentable.


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