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Que faire quand toutes les portes de l’édition sont fermées?

Par Lise Marie Jaillant

Cour des miracles Un lecteur me demande que faire quand les refus des éditeurs s’enchaînent et que l’espoir de publication s’éloigne:

“Je partage votre constat quant à la probabilité insignifiante pour qu'un primo-romancier sans relation dans le milieu soit édité, surtout en envoyant son manuscrit par la Poste, ce qui est mon cas. Ces derniers temps, je lorgne du côté des agents littéraires qui me semblent davantage sérieux et avec qui j'ai là aussi davantage envie de travailler. Vous faites référence à plusieurs d'entre eux, d'ailleurs, de façon positive, sur votre blog.

Par contre, je m'inquiète beaucoup quant à mon avenir de romancier, moi qui ne demande pourtant pas nécessairement de vendre beaucoup. Personnellement, je serais déjà très heureux de publier à hauteur de 5 000 exemplaires par ouvrage, ce qui me permettrait de vivre, chichement, chaque année précédant une publication. Je considère que, pour bien faire son travail (car écrire en est un à plein temps), il convient de n'en avoir qu'un seul, celui de romancier, ce qui implique d'en vivre, bien sûr, même modestement.

Le hic, vous le savez déjà, c'est que les manuscrits reçus via le canal Poste ne sont lus que si ledit éditeur a vu préalablement le tapuscrit recommandé d'une façon ou d'une autre (ami, critique, auteur, célébrité plus ou moins "crédible", etc.) Comment, dans ce cas, espérer être un jour publié ? C'est d'autant plus problématique lorsque l'écriture figure pour l'auteur sa raison de vivre première. Dès lors, quand les portes se ferment (éditeurs, agents, etc.), que peut-on faire ? Ecrire sans plus soumettre ses oeuvres ? Pourquoi pas ? Mais cela ne solutionne pas tout le reste, notamment d'être obligé de se coltiner un deuxième boulot inintéressant afin de payer les factures. Pensez-vous qu'un auteur sans relation dans le milieu de l'édition est condamné, définitivement, à devoir vivre d'autre chose que de son art. Mais est-ce là une vie ? Vous qui écrivez aussi, quel est votre avis sur la question ?”

Mon avis sur la question? Quand on ne connaît personne dans le milieu, mieux vaut se résigner à 1) passer sa vie à cirer les pompes de gens puissants 2) ou à accepter de rester dans l’ombre de ces mêmes stars du milieu. Personnellement, je ne supporte ni la première ni la deuxième solution. D’où l’alternative “wrath” qui consiste à dire ce que je pense sur ce blog, et à tenter de continuer à écrire malgré l’absence de reconnaissance. Autre solution: s’accommoder de publications dans des revues online, sachant que ça ne rapporte pas beaucoup de lecteurs.

Une chose est sûre: ne croyez pas que les pseudo-stars du milieu vivent de leur plume. Les Foenkinos, Moix et consorts doivent eux aussi entretenir leur réseau pour espérer obtenir des piges et pouvoir ainsi payer leurs factures. A Saint-Germain, le copinage n’a jamais de fin (de la publication d’un premier roman à l’élection à l’Académie française…)

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