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Booker Prize 2007 et shame on "copinage"

Publié le 21 octobre 2007 par Lise Marie Jaillant

Sir_howard_davies_un_wrath_local Le milieu littéraire britannique est en pleine ébullition après le discours de Sir Howard Davies, qui présidait le jury du Booker Prize cette année.

Figurez-vous que Davies, ancien businessman et actuel président de la prestigieuse université LSE, n'y a pas été par quatre chemins: la presse littéraire est rongée par le copinage. Conséquence logique: des bouquins médiocres sont présentés comme des chefs-d'oeuvre.

"The only way you can detect that the reviewer doesn't like the book is when they spend the whole time simply describing the plot. They're not brave enough to say 'it doesn't work'."

Bien sûr, les journalistes littéraires sont furieux. Robert McCrum du Guardian affirme qu'il est temps de se débarasser du Man Booker. Sir Davies et son entourage sont des vendeurs de bananes qui ne savent pas de quoi ils parlent.

The Independent, autre grand quotidien de gauche, est bien plus subtil. Certes, il y a des abus, de la complaisance, des renvois d'ascenseur. Mais il suffit d'instaurer quelques règles simples pour rendre les critiques littéraires plus honnêtes:

1) Un écrivain ne devrait pas faire la critique d'un auteur publié dans la même maison que lui. De même, un journaliste ne devrait pas commenter le travail d'un de ses collègues.

"Reviewing must not just be objective. It must be seen to be objective"

(En clair: une critique n'est objective que si elle est vue comme objective par les lecteurs)

2) Un critique littéraire ne devrait pas connaître l'auteur, encore moins être son ami, sous peine de perdre cette objectivité. Bien sûr, cette règle est difficile à mettre en place (le milieu littéraire est petit...)

3) Pour éviter les renvois d'ascenseur, aucun critique ne devrait examiner le travail d'un auteur qui lui avait précédemment écrit un article.

The Independent a donc au moins l'honnêteté de regarder le problème en face et de proposer des solutions.  La guerre au "chum reviewing chum" (= pote qui fait la critique d'un autre pote) ne fait que commencer !

Mais malheureusement, le jour où la presse littéraire française proposera des mesures "anti-copinage" n'est pas encore arrivé...

(Des exemples de complaisance made in France ICI et LA)


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