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Des parents proches : Cassavettes et Tarantino

Par Amaury Watremez @AmauryWat

gloria.jpgLes deux réalisateurs ont tous deux le même amour du cinéma, qui est vital pour eux. Cassavettes tourne des panouilles ou des rôles complets dans des films de grande consommation, parfois des chefs d'oeuvre, que ce soit « les douze salopards » ou même l'oublié feuilleton « Johnny Staccato », où il incarnait un privé qui joignait les deux bouts en étant batteur pour un groupe inspiré de celui de Gene Krupa. Hier soir, je regardais « Jackie Brown » du deuxième et j'étais frappé de la ressemblance de ce film avec les deux films proches « du genre » de Cassavettes, « Meurtre d'un bookmaker chinois » et « Gloria » (oubliez le remake avec Sharon Stone, nullissime), à mon sens supérieur : le son direct, les acteurs qui parlent beaucoup quitte à sombrer dans la logohrée, l'image un peu sale, la musique qui n'est plus incidentelle mais vient de l'action engagée, on entend les chansons que les personnages écoutent à la radio, qui passe dans une galerie commerciale, ou que quelqu'un met sur un tourne-disque, car chez Tarantino, on a encore des vyniles, des beaux objets avec des belles images ultra-référencées et relatives à la culture pop. Dans un cas comme dans l'autre, les scènes sont exubérantes, on se laisse aller à la folie, au délire, on lâche les rênes, que ce soit les braqueurs du début de « Pulp fiction » ou Mabel dans « Une femme sous influence », alias Gena Rowlands.

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Dans les deux cas, la vision du genre est très réaliste, les truands n'y sont pas des rigolos « bling bling » qui ont de la vie la même conception que les traders comme Jérôme Kerviel, ni des personnages flamboyants, ce sont des types parfois insignifiants à première vue, durs sur le fric et mollasons du cervelet qui tuent comme ils soulagent leur vessie, tels ceux de « Gloria » ou les crétins tragiques de « Reservoir Dogs ». Les princes charmants sont des losers un peu ridicules, Moskowitz et sa grosse moustache, joué par Seymour Cassel, dans « Minnie et Moskowitz », Robert Forster et ses airs de très vieux beau gosse à la tonsure plus qu'apparente. Mais ils restent droits, honnêtes et ne se laissent pas aller aux petites magouilles du tout-venant pour survivre sans honneur ni dignité. Les hommes chez Cassavettes ou Tarantino sont complexes, ils ne sont pas d'un bloc, ne sont pas entièrement bons, ou mauvais, Ben Gazzara dans « Meurtre d'un bookmaker chinois » est un peu veule, Bill dans « Kill Bill » n'est pas le méchant ultime que promet le premier volet du du film. Ce sont également deux cinéastes qui aiment leurs actrices qui sont leurs muses.


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