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Un écrivain doit-il se soucier de ses lecteurs? (Non, selon Philippe Jaenada!)

Par Lise Marie Jaillant

Integrity Philippe Jaenada a lancé un débat intéressant dans les commentaires de mon post sur Nicolas Rey. Le pauvre Rey est présenté comme un martyr victime de son propre succès médiatique. Lui, il aurait voulu faire du cinéma. L’écriture, il s’en fout. Les lecteurs, il s’en fout encore plus.

Selon PhJ:

“Wrath n'a pas tort : "[Pour Nicolas Rey] le lecteur, c'est très secondaire." Mais quoi, il faut être l'abbé Pierre ? Il faut penser avant tout à son prochain ? Vous êtes comme ça, Lise-Marie ? Vous fondez votre vie sur l'amour d'autrui ? Vous voulez être éditée pour faire plaisir aux lecteurs ?”

Mon cher Philippe, je pense que nous n’avons pas les mêmes valeurs. Et par pitié, ne mêlez pas feu l’abbé Pierre dans tout ça.

1) Pour la bande des Beigbeder/ Rey/ Jaenada (appelons-les “Prix de Flore & Co”), la seule valeur est le succès médiatique. Quand on passe à la télé, on est célèbre. Quand on est célèbre, on a de la tune et on emballe des filles. Pour reprendre les mots de PhJ: “Ce que [Nicolas Rey] récolte avec ses livres, c'est un peu d'argent, un peu de notoriété, et les regards aimables de jeunes et jolies filles.”

La seule différence avec les valeurs des footballers de première league, c’est le talent. Un individu lambda ne peut pas jouer aussi bien que Nicolas Anelka. Mais n’importe qui peut écrire comme un pied. Le seul “talent” de la bande “Prix de Flore & Co”, c’est la capacité à copiner avec les bonnes personnes. Il faut un certain bagou pour plaire à Beigbeder et sniffer de la coke avec lui. Après, tout le reste arrive sur un plateau: invitations aux soirées littéraires les plus sélects, passage à la télé,…

2) Pour les écrivains de la deuxième catégorie, l’écriture ne sert pas simplement à passer à la télé. On écrit parce qu’on a quelque chose à transmettre. On écrit parce qu’on aime écrire, tout simplement. Le problème, c’est que cette deuxième catégorie se fait laminer par la première. Je pense à Aymeric Patricot, dont le premier roman a fait un flop. Patricot est un des écrivains les plus intègres que j’ai rencontrés (avec Lucien Cerise, et quelques autres).

Plutôt que de plaindre Nicolas Rey, Philippe Jaenada ferait bien de se pencher sur cette deuxième catégorie d’écrivains. Ceux-là ne font pas des vieux os dans le milieu hostile de l’édition. Parce qu’avoir des valeurs intégres et faire une grande carrière chez “Prix de Flore & Co”, c’est tout simplement impossible.

Pour réussir, crachez sur vos lecteurs en écrivant des romans torchés en deux semaines. Tant que Beigbeder vous trouve sympa, vous êtes sûr de vous en sortir…

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