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Agnès Desarthe traductrice immodeste

Par Amaury Watremez @AmauryWat

Les différences entre la chronique des abîmes et un feuilleton TF1

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J'ai parcouru « Moi tout craché! » de Jay McInerney avec intérêt. Avec son ami Brett Easton Ellis il y poursuit la critique et la chronique des abîmes engendrées par la passion du fric, de la réussite et du clinquant des années 80 : constatation, nous vivons toujours dans les années 80. Malheureusement la traduction fiche tout en l'air. J'ai eu la curiosité par exemple de regarder quel était le titre de ce recueil de nouvelles en anglais : « How it ended », comment ça a fini, comment l'humanité et les illusions se sont-elles jetées dans un puits sans fond. Agnès Desarthe, elle, elle traduit ça par « Moi, tout craché » comme si c'était le journal narcissique d'un adulescent friqué, genre de personnage qu'elle semble bien connaître, pour en fréquenter certainement quelques uns dans le monde merveilleux de l'édition (frange ou mèche, poulovère col en « V », « Clarks » aux pieds et djinn 501, têtes à claques et appart à Papamaman...).
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Les personnages semblent surtout avoir des problèmes avec leur mère, et les filles sont toutes bâties sur le modèle de Clara Sheller, des emmerdeuses bobos en somme, du genre à étaler quelques pseudo-névroses distinguées quand elles sont encore fraîches et finissent par épouser un bœuf plein aux as avant la décrépitude de leurs chairs (Attention, chers amis névrosés en recherche de l'âme sœur, je n'ai pas dit que c'était comme ça pour tous les couples mariés, attention). La descente dans l'enfer de vacuité que décrit l'écrivain perd toute consistance, et se transforme en péripétie digne d'un sitcom genre « Friends ». Et au bout du compte, Agnès Desarthe transforme le livre de Jay McInerney en un livre d'Agnès Desarthe, refusant de s'effacer avec humilité derrière le talent d'un autre pour mieux le servir en français, ce que fait beaucoup mieux en l'occurrence Freddy Michalski quand il traduit Ellroy. Elle finit donc par trahir et l'auteur, et l'essence de son livre. Cela permet également de saisir les différences entre un auteur anglo-saxon et un littérateur français : l'un est rempli de prétentions, de vanité et manque terriblement de modestie pendant que l'autre...écrit.


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