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Pourquoi les écrivains français ne prêtent aucune attention aux lecteurs? (Pour une typologie du champ littéraire)

Par Lise Marie Jaillant

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Il y a en France trois types d’écrivains:

  1. Ceux qui écrivent de la littérature populaire et commerciale (avec Marc Lévy, Guillaume Musso et Anna Gavalda comme exemples de réussite spectaculaire).
  2. Ceux qui dépendent des subventions de l’Etat.
  3. Ceux qui vendent leur image sur le marché de la “hype”.

Laissons de côté la première catégorie, et concentrons-nous sur les deux autres groupes:

Dans la catégorie “assisté par l’Etat”, vous trouvez des gens comme Marie Ndiaye, qui a bénéficié de la bourse Jean Gattégno en 2009 (50 000 euros, tout de même). Les écrivains de cette catégorie, quand ils savent manoeuvrer le système, vivent comme des artistes de l’Ancien Régime. Pensez à Chloé Delaume, qui se fait inviter dans la magnifique Villa Médicis à Rome (aux frais du contribuable…).

Ces “assistés par l’Etat” n’ont pas besoin de vendre des livres pour vivre confortablement. Par conséquent, ils n’ont pas non plus besoin d’écrire lisiblement pour gagner des lecteurs. En bref, ils sont protégés du marché… et des lecteurs.

Dans la catégorie “marché de la hype”, vous trouvez des gens comme Nicolas Rey et autres habitués des plateaux télé. Ceux-là peuvent quémander quelques aides auprès du Centre National du Livre ou tenter de se faire inviter dans des ambassades françaises pour arrondir leurs fins de mois (pensez à David Foenkinos). Mais l’essentiel de leurs revenus provient des piges. Ainsi, Nicolas Rey écrit pour VSD, Yann Moix pour le Figaro, etc.

Une toute petite minorité des écrivains hype vit des ventes de ses livres (Frédéric Beigbeder, Michel Houellebecq,…) Mais la majorité se contentent de monnayer leur pseudo célébrité auprès de la presse. Par exemple, Yann Moix n’a pas besoin d'écrire des romans lisibles, car il vend son image plutôt que ses oeuvres. En clair, ses bouquins peuvent se vendre à 7000 exemplaires, il s’en sort toujours (7157 exemplaires de “Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson” depuis septembre 2009, d’après Edistat).

Qu’ils soient assistés par l’Etat, ou dépendants du “marché de la hype”, les écrivains français n’ont pas besoin de se battre pour vendre des livres. Le jeu compétitif se fait sur d’autres critères que la qualité littéraire: capacité à bien ficeler une demande d’aide au CNL, aptitude à copiner avec les bonnes personnes,…

En clair, les écrivains français sont largement protégés du marché, et donc n’ont pas à se préoccuper des lecteurs. D’où la qualité déplorable de notre littérature…

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