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« The Ghost Writer » - Roman Polanski

Publié le 16 mars 2010 par Amaury Watremez @AmauryWat

02694022-photo-the-ghost-writer.jpgJ'aime bien toujours me faire ma propre idée tout seul. Ce film est réputé une sorte de chef-d'oeuvre, un film maudit, testament d'un génie poursuivi par les méchants. Y-a-t-il prescription ou pas ? Le procureur fait-il cela pour sa réélection ? Si j'avais été méchant comme une teigne, la première comparaison qui me serait venue est que l'argument du film n'est rien d'autres qu'un argument de film porno gauchiste des années 70, un prolétaire qui séduit les femmes d'un grand bourgeois...

J'aurais bien aimé être surpris en bien comme disent les suisses, mais hélas, rien, pas de surprise.

Alors certes, il y a des réminiscences des excellents films du réalisateur, la plage de « deux hommes et une armoire », les personnages sont perdus sur une île coupée du monde, comme dans « Cul de sac », attendant une sorte de Godot qui ne viendra jamais, l'on n'y mange que la nourriture infantilisante, la femme de Lang (comme le cinéaste qui aimait bien aussi l'absurde et montrer la bêtise de la foule) c'est un peu le personnage de Françoise Dorléac plus âgé. Les manifestants qui huent Adam Lang à la sortie de sa maison sont comme les habitants haineux de « Le locataire », le visage déformé par la bêtise et la violence. Le personnage de Ewan Mac Gregor est un peu comme le jeune Roman dans « le Bal des vampires », un candide plus ou moins innocent, perdu parmi les fauves qui savent beaucoup mieux naviguer dans le monde. Le personnel d'Adam Lang, de la maison d'éditions, de la réception à la fin, ont tous la petite touche grotesque que l'on retrouve chez les bourgeois sataniques (pléonasme ?) de « Rosemary's Baby », malgré leurs beaux atours, le clinquant de leurs manières et leur morgue. Et le décor principal est une maison ultra-moderne comme les immeubles dont on voit la façade « monstrueuse » dans ce dernier film. Enfin, les deux personnages asiatiques semblent renvoyer à l'aubergiste et sa femme du « Bal des vampires ». Et pourtant, ça ne marche pas.

Pour plusieurs raisons selon moi : la première est que c'est trop long, un peu plus de deux heures. Roman semble avoir oublié les bienfaits du montage. Il y a des scènes parfaitement inutiles, ou trop longues. Il y a des pistes inexplorées, pourquoi nous montre-t-on de manière significative au début du film les photos de quatre terroristes dont les visages ressemblent beaucoup à ceux des chauffeurs de taxis de l'île ? On a l'impression que ce sont les mêmes acteurs. La production n'était pas fauchée à ce point là pourtant. Il y a aussi tous ces placements de produits un peu pénibles, à commencer par le GPS de la voiture des invités de la maison d'Adam (un 4X4 béhème) qui indique la route au « nègre ». On se demande quelles sont les motivations des uns comme des autres, même Hitchcock qui se contentait d'un « macguffin » assez vague le justifiait quand même un minimum pour que ce soit un tout petit peu crédible, on finissait par connaître les motivations de Kaplan à la fin de « North by Northwest ». Là, on ne sait rien. Et on ne peut pas imaginer grand-chose car les images sont un peu trop plates. Pour un peu, on est dans une publicité pour voitures cossues.

J'aime bien cependant la fin, qui ne montre quand les feuillets du manuscrit s'envolent et que l'on comprend que ce n'était que des feuilles blanches.


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