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Cinéphilie honteuse – le Reboot de la revanche Les thrillers années 80 avec Eddie Murphy

Publié le 31 mars 2010 par Amaury Watremez @AmauryWat

Cinéphilie honteuse – le Reboot de la revanche

Les thrillers années 80 avec Eddie Murphy

Gràce au miracle de médiocrité qu'est la TNT j'ai pu paresseusement regarder sans trop me fouler la cervelle la série des trois « Le flic de Beverly Hills » qui vaut pour une ou deux répliques, les deux « 48h », que je trouve un peu mieux. J'ai retenu cette punchline du deuxième : « Si la merde avait de la valeur, les pauvres n'auraient pas de trou du cul, ce sera toujours injuste pour les pauvres, mec ». Les acteurs y ont trois expressions, ce qui fait deux de plus que Stiveune Cigale qui maintenant fait dans la téléréalité citoyenne : il enseigne à des apprentis-flics comment faire une clef aux bras aux vilains et les assommer avec le plat de la main dans la face.

Donc, dans la première série de films, Murphy est Axel Foley est un flic aux méthodes peu orthodoxes, comme tous les flics des années 80, et il a souvent un ami à venger en se comportant quasiment aussi mal que les truands qu'il est censé poursuivre. Dans le premier, il venge un copain lâchement assassiné, son partenaire qu'il aimait bien même s'il le disputait (le méchant vilain) de temps en temps, dans le deuxième aussi, en plus là on salit la mémoire de son pote, Ronny Cox qui n'a visiblement pas digéré « Deliverance », mais le fourbe est puni ainsi que sa femme de main, la playmate « über alles » Birgit Nielsen, et itou dans le troisième où l'assassin est un homme politique véreux et lâche. L'action y est illustrée par un saxophone ténor assez pénible, une boîte à rythmes et un synthé épileptique. Axel Foley roule en Ferrari, se la joue très années 80, et des filtres pénibles floutent artistiquement l'image toutes les dix secondes. Bien entendu, comme dans les westerns des années 50, les flingues des héros ou des méchants ont des chargeurs de 70 ou 80 balles à la fois, sauf à l'instant crucial de la première fin (il y a toujours DEUX fins dans les films à suspens de cette période) car le héros n'a plus alors que deux balles à mettre dans son chargeur, ce qu'il fait fébrilement tuant quand même le méchant entre les deux yeux, méchant qui passe ensuite à travers une vitre et tombe deux étages plus bas. A la fin, le héros blague avec tous ses potes, souvent une vanne avec « pute » et « salope » dedans, bien « virile », et l'image se fige.

« 48h » a un peu plus de classe, « 48h de plus » beaucoup moins. Dans le premier, Nick Nolte est un flic aux méthodes peu orthodoxes (blablabla..., ais-je besoin de développer). Son chef n'est pas content car il n'arrive pas à coincer une bande de truands pourtant un peu neuneu qui ont tué un copain de Nick, avec son flingue encore en plus, t'imagine pas la honte, quoi. Pour s'en sortir, il propose à Reggie Hammond, un taulard combinard, mais gentil quand même, Eddie Murphy, qui a autant d'abattage que lorsqu'il faisait du « stand up » (vous savez le truc à la mode qui laisse croire à tous les djeuns qui tchatchent qu'ils sont drôles en racontant leur vie). Nick Nolte, qui a la même voix que Rambo, normal c'est Alain Dorval qui double, n'arrête pas d'insulter Murphy, et réciproquement, mais finalement au bout du compte ils deviennent super-potes, même si Reggie retourne en taule pour attendre le deuxième volet. La musique est de la soupe à mi-chemin entre le country et du ère'ène'bi de base, on appelle ça de la « truck driver music », elle illustre les bastons et la fin drôlement dramatique quand Nick n'a plus que deux balles dans son chargeur après les rituelles 60 cartouches tirées pour faire joli dans le décor. Comme il y a une toute petite tentative d'actualiser le film noir, c'est presque de la cinéphilie pas si honteuse.


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