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L'apothéose de la visite pastorale de l'évêque d'Évreux

Publié le 26 avril 2010 par Amaury Watremez @AmauryWat

thumb_7d64660c2d49289eca22393e68932c95.jpgHier, à la cathédrale d'Évreux était célébrée la fin de la visite pastorale de l'évêque et ce fut comme une apothéose, un feu d'artifices du début à la fin. Comme il faut être festif et convivial, on laisse les laïcs bavasser, se claquer la bise devant le Saint Sacrement et prendre des photos des n'enfants tellement mignons tout au long de la cérémonie, si on se tenait bien, si ça se trouve, on risquerait d'être pris pour des « intégriss' ». On prend des précautions, sur le site du diocèse on met une croix qui n'en est pas trop une. Quand il s'agit de chanter, tous les bavards se taisent, on écoute seulement, on est au spectacle. On dit que c'est long pour les enfants, comprendre que c'est long pour les parents, car les parents sont tout aussi infantiles, voire plus, que leur progéniture, pendant la célébration.

Cela commence dés la procession de début de messe, avec les diacres, les prêtres, mais aussi les laïcs des Équipes d'Animation Liturgique et Pastorale fiers comme des « bars tabacs » dans leurs plus beaux atours des dimanches. Je me croirais pour un peu dans une scène de « la Communion solenelle » de René Féret, je m'attend presque à ce que les participants sortent un masque de gaz en groin de sanglier d'une seconde à l'autre comme dans une scène du film. Les laïcs portent pendant la procession des objets qu'ils estiment symboliques, l'une d'elles tient à bout de bras une mappemonde de cours primaire telle une caryatide rurale et moderne, peu importe que la prise électrique de l'objet se mette à pendre lamentablement au bout d'un moment ce qui cause derechef une mauvaise impression. Une autre porte ce qui ressemble à une enseigne d'épicerie. Le tout est accompagné à l'orgue dont l'organiste du jour joue à un rythme un peu trop soutenu, on a dû lui dire que trop lent, ça fait trop solennel et pas assez « djeun ».

Quand il est censé accompagner la chorale, dirigée alternativement par le Père Leroux quand celui-ci ne joue pas de l'orgue et par un jeune jouvenceau en pleine mue, celle-ci cherche sans cesse à le rattraper, et ainsi de suite.

Un prêtre du diocèse drôlement dynamique et conscient des problèmes du monde, il lit « Golias » et « Téléramou » toutes les semaines, accueille Monseigneur avec des mots choisis pour aller droit au coeur des jeunes là aussi. Les jeunes, le progrès, aller de l'avant, voilà ce qui compte dit l'évêque dans son homélie, il ne faut pas penser au passé, c'est dangereux, en effet, il y a vingt ans, il y avait deux messes à la cathédrale d'Évreux et une à Saint Taurin, il n'y en maintenant plus qu'une, il ne faudrait pas se poser trop de questions sur les causes de cette hémorragie de croyants, n'est-ce pas ? Et quand il parle de ceux qui voudraient réinstaurer des traditions passées, je me demande de qui il veut parler ? Ne serait-ce pas le Pape ? Ce n'est pas possible, je ne puis le croire. L'évêque d'Évreux est certainement d'une grand humilité vis à vis de Benoît XVI. Il termine avec une conclusion de toute beauté, pour lui il n'y a jamais eu autant de vocations, il ne précise pas bien sûr de quel pays il parle...

Un peu plus tard, il affirme que les chrétiens doivent être partenaires de la société moderne sans songer au prosélytisme, il faut donc qu'ils soient très discrets, de peur que l'un ou l'autre inconscient pense à se convertir, passant du matérialisme en vogue à la charité. Vous n'y pensez pas. Jusque là, on essaye de ne pas y penser, de rester calme et serein, de ne pas se mettre en colère. Ne serait-ce que par respect pour le corps du Christ dont on croit encore qu'il est là, présent dans le tabernacle.

Et on y arrive presque. Avec difficulté.

Jusqu'aux intentions de prière qui sont un festival de pleurnicheries, de mièvrerie et de guimauve. L'on y parle des z-étrangers du secteur qu'il faut respecter (pourquoi seulement du secteur ?), des chtits n'enfants n'africains et n'asiatiques, mais surtout pas de ceux qui meurent de faim, souffrent de la pauvreté, ou sont violentés par chez nous, au seuil de notre porte, l'on fait dans le gentillet qui ne coûte rien alors que l'on n'est même pas fichu depuis des années de simplement dire bonjour aux « parisiens » qui ne le sont plus depuis longtemps.

Le Père Fouettard – célèbre onaniste de Sacristie (Note d'Amaury : lui aussi)


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