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Les soixante ans de Télérama

Publié le 25 mai 2010 par Amaury Watremez @AmauryWat

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Les soixante ans de Télérama
Desproges a déjà parlé des critiques cinéma de cette revue culturelle (voir par ici) à l'origine catholique, dominicain même, mais maintenant faut pas le dire parce qu'ils ont peur de se faire traiter de réacs. Je pense qu'encore maintenant on pourrait très bien écrire le même texte sans y changer une virgule. Relisant ce texte, on s'aperçoit que Desproges ne respecte pas les fameux thèse, antithèse, foutaise, qu'il passe parfois du coq à l'âne, et que ça reste délectable. Mais il ne faut pas s'y tromper, pour lui un péteux écrivant ce genre de critique dans Télérama et un ignare assumé, fier de l'être, balançant plusieurs lieux communs, le plus souvent contre la culture en général, qu'il prend pour autant d'opinions acceptables, confondant d'ailleurs culture et prétentions. Ce genre de réflexes se répand de plus en plus, les créateurs deviennent suspects, que ce soit à l'écrit, dans le domaine artistique, musical ou cinématographique. Étant donné que nous vivons dans une société de performance, la création n'y a pas sa place, elle ne sert à rien puisqu'apparement, elle fait perdre du temps. Les esclaves sont de plus en plus fiers de l'être, ils veulent être considérés comme rentables, utiles au reste de la fourmilière. Dont ils respectent la hiérarchie sous une apparente liberté. Un écrivain, ancien professeur, le rappelle dans son livre, le fait qu'il écrive devenait suspect, il avait le temps à ça. Ce n'était pas normal.

Le péteux, lui, est aussi un esclave, mais un esclave qui pense, je n'ai pas dit qui réfléchit. Il croit que le fait de parler d'un film abscons et emmerdant comme la pluie fait de lui un affranchi. Il est tout content si ce genre d'inepties a la Palme d'Or au Festival de Connes (il n'y a pas de co-q-uilles). Et encore plus content si le truc vient d'un pays exotique. Il ignore que les maîtres ne font que lui donner un peu de mou dans la laisse. Il croit qu'uriner sous sa douche fait de lui un type écologiquement responsable, qu'acheter des paquets de café équitables fait de lui un consommateur responsable et plus moral. Il se croit à la pointe de la pensée politique moderne parce qu'il dit que la terre ne ment pas et que c'est là qu'est la vraie France, que sa femme utilise des couches lavables pour leur progéniture, alors qu'il ne fait que remettre au goût du jour la Révolution Nationale de Vichy. Le péteux aime s'ennuyer comme un rat mort au festival de Connes, il croit que c'est ça réfléchir, et penser, s'ennuyer car il a toujours au fond de son esprit cette idée qui veut que c'est crevant de penser tout seul et qu'il vaut mieux se laisser aller à s'accrocher à quelques préjugés confortables.

Pour l'anniversaire de Téléram, un grand album a été édité aux éditions des Arènes où chaque période est passée au crible, on y voit que des films maintenant réputés "cultes" selon la définition galvaudée que l'on en a maintenant étaient considérés avec mépris à l'époque, ainsi "les Ripoux" au sujet duquel Desproges parle : un film à la fois intelligent et populaire. C'est impardonnable. Un film intelligent est forcément à mourir d'ennui, il ne faut surtout qu'en plus il plaise au public. Le péteux a quelques classiques selon lui indispensables dans son escarcelle de lieux communs : "Citizen Kane", qu'il n'a pas vu, ou qui l'a fait suer ; il n'aime pas "la Dame de Shangaï" car c'est tiré d'un polar (il a tort le film est meilleur) ; il n'aime pas tellement "Barry Lyndon" de Kubrick (en plus ça parle de beauté, que le film exalte, du moins pour celle de la nature, des monuments et costumes d'avant la perte de la douceur de vivre, tout concept qu'il trouve élitiste et insupportable), il préfère "Lolita" (pour l'aura de scandale et ça lui permet de crâner en comparant avec le livre, qui l'a déçu, il y a aussi peu de scènes de cul que dans le métrage de Kubrick, car c'est ça qui l'intéresse a priori, de l'érotisme glauque et malsain. Ensuite, il développe sur l'influence pernicieuse du judéo-christianisme, et le danger du retour des HLPSDNH (les heures les plus sombres de notre histoire (TM)).

On peut donc en conclure que la bêtise du plouc inculte et celle du péteux, souvent mécheux, s'annulent au bout du compte, tous les deux restant persuadés que la création doit avoir une utilité sociale, ou autre. Alors qu'elle n'en a aucune, raison pour laquelle elle est indispensable.

Ci-dessous un petit hommage aux critiques de Télérama


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