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L’édition et l’argent: un business qui n’assume pas

Par Lise Marie Jaillant
Edition business Je me suis retrouvée un peu par hasard dans une soirée pour le lancement d’une revue académique au Québec. Ne connaissant pas grand monde, j’entame la causette avec deux jeunes filles qui travaillent comme stagiaires dans ladite revue. Arrive un type qui demande (en anglais) quel est le budget de la revue: où trouvent-ils leur financement? Est-ce que les contributions des abonnés suffisent à couvrir les frais? Regard hébété des deux demoiselles: elles n’ont visiblement jamais pensé à l’aspect financier de leur revue.
Moi: “Mais votre stage est payé, quand même?“
Elles: “Euh, non... Mais c’est passionnant comme travail, et ça fait une ligne sur le CV“
Moi: “Oui, enfin, ils pourraient vous payer une contribution symbolique, quand même...“
Elles: “Bah, on fait pas ça pour l’argent...“

C’est assez classique de l’attitude de ceux en bas de l’échelle de l’édition. Beaucoup de wannabes et de stagiaires pensent que l’édition est un monde où tout le monde travaille de façon bénévole. Pendant ce temps là, les éditeurs (souvent des hommes, nés dans un milieu très privilégié) se servent un salaire très généreux. Antoine Gallimard et consorts figurent dans la liste des plus grandes fortunes, pendant que tous les autres galèrent. En clair, tant que l’on verra l’édition (commerciale et universitaire) comme un monde détaché des vulgaires considérations financières, les “petits“ continueront à se faire exploiter...


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